La nouvelle abeille du Parnasse, ou Choix de morceaux tirs de nos meilleurs potes [by C.C. Le Tellier].

Charles Constant Le Tellier
Chez Le Prieur, et l'diteur, Charles Const. Le Tellier, 1815 - 285
 

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156 - Voulait venger la cour immole au parterre. Mais , sitt que d'un trait de ses fatales mains La Parque l'eut ray du nombre des humains , On reconnut le prix de sa muse clipse. L'aimable comdie , avec lui terrasse, En vain d'un coup si rude espra revenir , Et sur ses brodequins ne put plus se tenir.
252 - Vous ne dmentez point une race funeste; Oui, vous tes le sang d'Atre et de Thyeste : Bourreau de votre fille, il ne vous reste enfin Que d'en faire sa mre un horrible festin.
153 - Prend le sacr couteau, le plonge dans son sein. A peine son sang coule et fait rougir la terre, Les dieux font sur l'autel entendre le tonnerre; Les vents agitent l'air d'heureux frmissements, Et la mer leur rpond par ses mugissements, La rive au loin gmit, blanchissante d'cume; La flamme du bcher d'elle-mme s'allume; Le ciel brille d'clairs, s'entr'ouvre, et parmi nous Jette une sainte horreur qui nous rassure tous.
195 - En ces lieux o mon bras le servit tant de fois, En ces lieux o son sang te parle par ma voix. Vois ces murs, vois ce temple envahi par tes matres: Tout annonce le Dieu qu'ont veng tes anctres. Tourne...
157 - Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets profit leurs malignes fureurs. Sitt que sur un vice ils pensent me confondre, C'est en me...
170 - Cependant, sur le dos de la plaine liquide, S'lve gros bouillons une montagne humide. L'onde approche, se brise, et vomit nos yeux, Parmi des flots d'cume, un monstre furieux. Son front large est arm de cornes menaantes. Tout son corps est couvert d'cailles jaunissantes. Indomptable taureau, dragon imptueux, Sa croupe se recourbe en replis tortueux...
250 - C'est moi qui, si longtemps le plaisir de vos yeux, Vous ai fait de ce nom remercier les dieux, Et pour qui tant de fois prodiguant vos caresses, Vous n'avez point du sang ddaigne
170 - Ses longs mugissements font trembler le rivage. Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage; La terre s'en meut , l'air en est infect ; Le flot qui l'apporta recule pouvant.
100 - Que toujours deux voisins auront entre eux la guerre, Que la soif d'envahir et d'tendre ses droits Tourmentera toujours les meuniers et les rois ? En cette occasion, le roi fut le moins sage; II lorgna du voisin le modeste hritage...
238 - J'ai vu mes tristes journes Dcliner vers leur penchant. Au midi de mes annes, Je touchais mon couchant ; La mort , dployant ses ailes , Couvrait d'ombres ternelles La clart dont je jouis, Et dans cette nuit funeste Je cherchais en vain le reste De mes jours vanouis. Grand Dieu ! votre main rclame Les dons que j'en ai reus ; Elle vient couper la trame Des jours qu'elle m'a tissus.