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1 . UN 'milord, haï du ministre, fut injustement accusé d'avoir trempé dans une conspiration contre le roi. En conséquence, il fut injustement puni de mort. Pendant le procès, son épouse ne fit aucune démarche pour travailler à sa justification. Quelque temps après, ses enfans tramèrent une véritable conspiration contre le ministre , et résolurent de l'assassiner. Ils furent découverts; et, pendant qu'on instruisoit leur procès, la mère sollicitoit vivement pour eux. Le ministre lui dit un jour : « D'où vient , madame , que vous solli« citez si vivement la grace de vos enfans, et qu'on ne « vous a pas vue ici pendant l'affaire de votre mari ? « — Mon mari étoit innocent, » répondit-elle.

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1 . Tué•srocx déclara, en pleine assemblée, qu'il avoit concu un dessein important, mais qu'il ne pou| voit le communiquer au peuple , parce que , pour le

faire réussir , il avoit besoin d'un profond secret ; et

il demanda qu'on lui nommât quelqu'un avec qui il

pût s'en expliquer. Le choix tomba sur Aristide , et · tous les citoyens s'en rapportèrent entièrement à son avis : tant ils comptoient sur sa probité , sur sa prudence ! Thémistocle, l'ayant tire à part , lui dit qu'il songeoit à brûler la flotte des Grecs , qui étoit dans un port voisin, et que par là Athènes deviendroit certainement maîtresse de toute la Grèce. Aristide, sans proférer un seul mot, revint à l'assemblée, et déclara simplement que rien ne pouvoit être plus utile que de projet de Thémistocle; mais qu'en même temps, rien

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n'étoit plus injuste. Alors tout le peuple, d'une commune voix,défendità Thémistocle derien entreprendre. 2.Aprèslafameuse bataille de Marathon, Aristide fut laissé seul avec sa tribu, pour garder les prisonniers et le butin ; et ce grand homme justifia la bonne opinion qu'on avoit de son intégrité. L'or et l'argent étoient semés cà et là dans le camp ennemi; toutes les tentes, aussi-bien que les galères qu'on avoit prises, étoient pleines d'habits et de meubles magnifiques : non-seulement il ne fut pas tenté de toucher à ces monceaux de richesses,mais ilempêchaque les autres n'y touchassent. 3. Les boulangers de Lyon, voulant renchérir leur pain, vinrent trouver M. Dugas, prévôt des marchands de cette ville ; et, après lui avoir expliqué leurs raisons, laissèrent sur la table une bourse de deux ccnts louis, ne doutant point que cette somme ne plaidât efficacement leur cause. Quelques jours après ils se présentèrent † recevoir la réponse du magistrat. « Messieurs, leur dit M. Dugas, j'ai pesé vos raisons « dans la balance de la justice, et je ne les ai pas trou« vées de poids. Je n'ai pas jugé qu'il fallût, par une « cherté mal fondée, faire souffrir le peuple ; au reste, « j'ai distribué votre argent aux hôpitaux de cette ville, « n'ayant pas cru que vous en ayez voulu faire un « autre usage : j'ai compris aussi que, puisque vous « êtes en état de faire de telles aumônes, vous ne per« diez pas, comme vous le dites, dans votre métier. » Ils s'en retournèrentfort surpris et pleins de confusion, 4. Un homme fort pauvre trouva une bourse qui contenoit cent pièces d'or. « Cet argent n'est point à « moi, se dit-il à lui-même : cherchons quel est son maître. » Aussitôt il fait publier que si quelqu'un a erdu une bourse remplie d'or, on peut s'adresser à ui. Celui qui l'avoit perdue vient le trouver , et lui désigne la bourse de manière à prouver qu'elle lui appartenoit. « Je vous la rends, lui dit le pauvre, et je « me félicite d'avoir pu vous la rendre. » Cet homme, plein de joie et de reconnoissance , le prie d'accepter vingt pièces d'or comme une preuve de sa gratitude.Le pauvre les refuse. Hl lui en offre dix; il les refuse encore. nfin, le maître de la bourse la prend et la lui jette. Gardez-la, lui dit-il : puisque vous ne voulez rien accepter, je n'ai rien perdu. » Ce pauvre, pour ne point pffenser, prit enfin une pièce d'or, qu'il donna sur-le1amp à des malheureux estropiés qui passoient par-là. 5.L. Pison, préteur d'Espagne, s'exerçantà faire des mes, la bague d'or qu'il portoit au doigt se rompit. Il agissoit d'en faire faire une autre, Pison,jaloux de se lontrer digne du beau surnom de frugi, ou homme de robité, devenu héréditaire dans sa famille, et ne vount point que personne pût soupconner que la bague ontil se serviroit fût un présent qu'il eût reçu dans sa rovince, prit une précaution bien singulière. Il fit venir norfèvre dans la place publique de la ville de Cordoue, l il étoit actuellement : il lui donna et lui pesa l'or, à vue de tous ceux qui étoientdans la place, et lui comlanda de le façonner, et de lui en faire une bague sur : lieu même, en présence de tout le monde.Ainsi, dit 'icéron qui nous a conservé ce fait, « quoiqu'il ne fût question que d'une demi-once d'or, Pison voulut en constater l'origine, et que toute l'Espagne sût qu'il l'avoit fournie du sien, qu'il ne latenoitde personne. » 6. La maison de Drusus , fameux Romain , qui fut ibun du peuple, et qui méritale titre de protecteurdu énat, étoit ouverte de plusieurs côtés, de manière que ·s voisins pouvoientvoir ce qui s'y faisoit.Un architecte offritderéparerce défautpour cinqmille écus, «Jevous en donneraidixmille, répondit Drusus, si vous pouvez faire en sorte que ma maison soit ouverte de toutes parts, et que non-seulement les voisins, mais encore tous les citoyens puissent voir tout ce qui s'y passe. »

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- A•os»ons ou Monder, roi des Sarasins, vouloit létruire le christianisme dans ses Etats. Mais le grand lombre de chrétiens qu'il avoit dans son armée lui faisoit raindre que ce projet ne fût de difficile exécution; et ce luil'arrêta tout-à-fait, ce fut l'intrépiderésolution d'un

desesprincipaux officiers.CommeMonderexhortoitses soldats à renoncer à la religion chrétienne, ce guerrier, pleind'un zèle, qui se ressentoit beaucoup de la férocité sarasine, prit la parole pour tous les autres : « Songe, « lui # que nous étions chrétiens avant que d'être « tes sujets.Je ne sais ce que pensent mes camarades ; « pour moi, je n'ai appris à craindre qui que ce soit.Je · « ne connois personne assez puissant sur la terre, pour « meforcer à croire ce que je ne crois point,ni à déguiser « ce que je crois ;et, s'il faut en venir aux effets , je ne « pense pas qu'il ait d'épée plus longue que lamienne.» ! Monder ne jugea pas à propos d'entrer en dispute avec un si ferme adversaire. Il laissa la liberté de religion. 2.L'empereur Valens, qui, pour rétablir l'arianisme sur les ruines de la religion catholique , persécutoit cruellement l'Eglise,avoit enfin attiré sursatête coupable la vengeance du Dieu juste et jaloux.Afin del'accé lérer,sans doute, le Ciel permit qu'il concût le funs dessein de faire la guerre anxGoths ; mais il ne lui laissa pas ignorer la triste issue de cette entreprise.Lorsqu'il sortoit des portes de Constantinople pour se m Cltre en campagne, un pieux solitaire, nommé Isaac, rempli de l'esprit divin, saisit la bride deson cheval: « Prince, Iui « dit-il, où courez-vous ?Le bras de Dieu est levé sur « votre tête ; vous avez affligé son Eglise; vous en avez « banni les vrais pasteurs : rendez-les à leur troupeau, « ou vous périrez avec votre armée. —Je reviendrai , « reprit Valens en colère , et je te ferai repentir de ta « folle prédiction.» En même temps, il donna ordre de mettre aux fers ce sainthomme,qu'ilappeloitfanatique, et de le garder jusqu'à son retour.«J'y consens, s'écria « l'intrépide solitaire : ôtez-moi la vie, si vous conser« vez la vôtre.» La prédiction eut son effet: Valens périt dans une bataille , et ses menaces expirèrent avec lui. 3.Pepin étoit petit, et c'est ce qui lui fit donner le surnom de Bref.Quelques courtisans en firent le sujet de leurs plaisanteries. Ilen fut informé, et résolut d'établir son autorité parquelque coupextraordinaire.L'occasion ne tardà pas à se présenter.Il donnoit un divertissement, où un taureau d'une taille énorme combattoit avee un

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lion plus terrible encore.Déjà ce dernier avoit renversé son adversaire, lorsque Pépin se tournant vers les seigneurs: «Quide vous, leur dit-il, se sent assez de cou« rage pour aller ou séparer, ou tuer ces furieux ani« maux ? « La seule proposition les fit frémir. Personne ne répondit. «Ce sera donc moi, » reprit froidement le monarque. Il tire en même temps son sabre, saute dans l'arêne , va droit au lion, lui coupe la gorge ; et, sans , perdre de temps, décharge un si rude coup surletaureau,qu'il lui abatlatête.Toute la courdemeuraétonnée de cette force prodigieuse et de cette hardiesse inouie. · Les auteurs de la raillerie furent confondus. « David « étoit petit, leur dit le roi avecunefitrté héroïque;mais : « il terrassa l'orgueilleux géant qui avoit osé le mépri«ser.»Tous s'écrièrentqu'il méritoitl'empire du monde. 4.Des mutins s'étant attroupés à la porte du premier président Molé, cet intrépide magistrat voulut aller se présenteraux séditieux; mais l'abbé de Chanvallon, qui étoit alors avec lui, essaya de l'arrêter. Ses efforts furent inutiles ; et Molé lui dit : « Apprenez jeune « homme, qu'il y a loin du poignard d'un scélérat au « cœur d'un homme de bien.»A peinese fut-il montré, · que la sédition se calma. Un profond silence succéda • tout-à-coup aux cris tumultueux de la multitude ; et , chacun se retira chez soi , le repentir dans le cœur. $ 5.Dom Carlos, petit-fils de Charles-Quint,âgé seule, ment de dix ans, écoutoit , avec une attention pleine , d'intérêt, le détail des guerres, des défaites et des vic, toires qui avoient rempli un règne si glorieux.L'empereur, enchanté de ce qu'il voyoit, lui dit : « Eh bien ! « mon fils, que vous semble de mes aventures ? -- Je « suis content de ce que vous avez fait , répondit le « jeune prince: il n'y a qu'une chose qne je ne saurois « vous pardonner; c'est de vous être sauvé d'Inspruck, « devant le duc Maurice. Ah ! ce fut bien malgré « moi : il me surprit, et je n'avois que ma maison.- Et « moi, je n'aurois pas fui. - Mais il falloit bien fuir ; « j'étois hors d'état de résister. — Pour moi , je n'au« rois pas fui.—Il auroit douc fallu me laisser prendre ? | « imprudence dont j'aurois été encore plus blâmé. « - Pour moi, je n'aurois pas fui. — Dites-moi donc

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