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HISTORIQUE

D'ÉDUCATION,

Où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer
et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit,
en substituant les exemples aux maximes, les faits
aux raisonnemens, la pratique à la théorie.

N OU VELLE É DIT I O N,

Qui a été revue, corrigée et augmentée d'un grand
nombre d'articles, et sur-tout d'une TABLE HIsToRIQUE
DEs PE R s o NN AG Es, plus ample, plus exacte et plus
intéressante que celle qui accompagnoit les précédentes
éditions de ce Dictionnaire ;

Par M. FizzassIER, des Académies royales d'Arras,
de Toulouse, de Lyon, de Marseille, etc.

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l . L A première fois que le P. Séraphin, fameux orateur, prêcha devant Louis XIV, au lieu de lui faire un complimentà l'ordinaire, il lui dit: Sire, je n'ignore pas « la coutume, maisje prie votre majesté de m'en dispen« ser : j'ai cherché un compliment dans l'Ecriture , « et j'ai eu le malheur de n'y en point trouver. » 2. M. de Montausier, gouverneurdugrand-dauphin, n'aimoit pas qu'on flattât ce jeune prince. Il le fit bien sentir un jour, en badinant, au marquis de Créqui. Le dauphin, étant jeune, s'amusoit à tirer au blanc, et tiroit fort loin du but. Son gouverneur se moqua de lui, et dit au marquis de Créqui, qui étoit fort adroit, de tirer; mais ce jeune seigneur tira beaucoup plus loin du but que M. le dauphin : « Ah ! petit corrompu, » s'écria M. de Montausier, «il faudroitvous étrangler. » Le dauphin, devenu plus grand, fut mis à la tête des armées; et ce prince , digne de son auguste père et de son sage gouverneur , emporta la ville de Philisbourg, qui passoit pour imprenable. Ponr l'en féliciter, M. de Montausier lui écrivit en ces termes : « Je ne « vous fais point compliment, monseigneur, sur la prise « de Phislisbourg; vous aviez une bonne armée, des « bombes, du canon, et Vauban. Je ne vous en fais « point aussi sur ce que vous êtes brave : c'est une vertu « héréditaire dans votre maison; mais je me réjouis « avec vous de ce que vous êtes libéral, généreux, « humain, et faisant valoir les services de ceuxquifont « bien : voilà sur quoi je vous fais mon compliment. » Tome II.

5. Dans une conférence que le célèbre AnnibaI eut avec Scipion , général des Romains, on vint à parler des grands capitaines ; et Scipion ayant demandé celui qu'Annibal croyoit le premier de tous ? Il répondit : « Alexandre-le-Grand. - Et le second ?— Pyrrhus, « roid'Epire. - Quel estle troisième, reprit le général romain,impatient peut-être de ne s'entendre pointnommer. « Moi-même, réponditAnnibal.-Etsivous m'aviez « vaincu, lui dit Scipion?-Jemeserois mis le premier,» répliqua-t-il. Cette manière délicate de donner la préférence à Scipion sur tous les autres généraux, fait voir qu'Annibal n'étoit pas moins bel esprit que grand capitaine. 4. Raoul de Lannoi, tout jeune encore, s'étoit fort distingué à un assaut; Louis XI le fit veniraprès l'action et lui dit : « Pasque-Dieu, mon ami, ( c'étoit son ser« ment ordinaire ) vous êtes trop furieux en un combat : « il faut vous enchaîner ; car je ne vous veux point per· « dre, désirant me servir de vous plus d'ume fois. » En prononcant ces flatteuses paroles, le monarque passoit au cou du guerrier, une chaîne d'or, quivaloitcinq cents écus : ce présent fut suivi de plusieurs autres qui servirent de récompense à une bravoure supérieure. 5. Il étoit un temps que tout le monde disoit gros pour grand ; une grosse chose, unegrosse maison, une grosse réputation. Louis XIV étant un jour chez ma· dame de Montespan, où se trouvoit Despréaux, lui témoigna qu'il n'aimoit pas cette expression nouvelle. « Il est surprenant, lui dit le satirique, qu'on veuille « par-tout mettre gros pour fo Par exemple , · « ajouta-t-il en fin courtisan, il y a bien de la diffé« rence entre Louis-le-Grand et Louis-le-Gros, etja« mais la postérité ne prendra l'un pour l'autre. » 6. Louis XIV devoit se rendre à l'église de NotreDame de Paris, pour assiter à une bénédiction de drapeaux, et avoit témoigné qu'il souhaitoit qu'onne luifit point de harangue. M. de Harlay de Chanvallon, qui étoit pour lors archevêque de Paris, se contenta de lui dire, à la porte de l'église, où il le reçut : « Sire, « vous me fermez la bouche, pendant que vous l'ou« vrez à la joie publique. » Voyez ELoGEs,

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