De l'avenir politique de l'Angleterre

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286 - ... et la dvastation dans beaucoup de pays de l'Europe , mais nous avons commenc par tre nous-mmes enivrs par ce dlire que nous propagions au dehors. Ce que nous n'avons jamais fait, Messieurs, c'est de garder pour nous les bienfaits de l'ordre, de la libert, de la justice, de la hirarchie sociale, et d'aller au dehors soudoyer, fomenter, patronner le dsordre et la tyrannie.
65 - ... l'admirable mcanisme par lequel la pairie ouvre ses rangs et les vide, attire elle les grandes notabilits de la politique, de la magistrature, de l'arme , de la diplomatie et du monde financier, sans aucun souci de leur origine plus ou moins populaire ; et en mme temps refoule dans le gros de la nation toutes ses branches collatrales qui, partir des petits-fils puns de tout pair d'Angleterre , demeurent confondus avec le reste des citoyens sans aucun titre, sans aucune marque...
122 - ... peu de cas du cur et du jugement de l'homme qui approcherait sans motion de ce palais du Parlement anglais, de ce temple de l'histoire et de la loi, de l'loquence et de la libert. On ne doit fouler ce sol qu'avec respect : il est plus sacr mille fois que celui...
297 - Par quelle? luttes sanglantes, par quelles longues clipses, par quelles incertitudes cruelles n'at-elle pas pass avant d'arriver cette pleine et paisible possession d'elle-mme ? Combien de fois, depuis le roi Jean SansTerre jusqu'au roi Georges II, l'Anglais honnte et patriote n'at-il pas d douter de l'avenir de son pays, de la victoire du droit, du maintien de ses plus chres liberts? Ceux qui ont persvr, qui ont cru, qui ont espr contre toute esprance, ont fini par avoir...
227 - Elle a t cre dans l'origine, en 1848, par l'acte spontan d'une demi-douzaine de petits garons qui se mirent tenir une cole mutuelle entre eux dans le coin d'un atelier, sans aucune provocation ou intervention d'autrui ; peu peu les autres enfants se joignirent eux, et pendant quelques mois l'cole fut successivement dirige et dveloppe par un comit choisi par les enfants eux-mmes, tant le principe du selfgovernment est inn dans cette noble race.
299 - Tenons tte au scepticisme comme au fanatisme, ceux qui professent l'indiffrence en matire politique comme ceux qui prchent la proscription de toute garantie et de toute indpendance. Au-dessous de notre foi aux vrits divines et l'autorit infaillible, gardons aussi la foi aux nobles instincts de notre jeunesse, ces principes de libert, de justice et d'honneur qui font seuls ici-bas la force et la dignit du moindre citoyen comme des plus grandes nations. Au milieu des...
76 - ... reconnatre que le dsir universel et immodr des emplois publics est la pire des maladies sociales. Elle rpand dans tout le corps de la nation une humeur vnale et servile qui n'exclut nullement, mme chez les mieux pourvus, l'esprit de faction et d'anarchie. Elle cre une foule d'affams capables de toutes les fureurs pour satisfaire leur apptit, et propres toutes les bassesses ds qu'ils sont rassasis. Un peuple de solliciteurs est le dernier des peuples. Il n'ya pas d'ignominie...
111 - ... sous l'abri du toit paternel ; l'esprit de libert trouve partout des foyers de rsistance, de force et de dure enracins dans ce sol qui n'a pas, comme ailleurs, perdu en quelque sorte la qualit d'immeuble pour devenir une terre inanime, une poussire indiffrente, possession phmre d'une gnration ou deux, sans liens avec le pass, sans intrt dans l'avenir, sorte de monnaie un peu plus encombrante que l'autre, en attendant que les cdules hypothcaires et les nouvelles...
260 - ... lectifs. Supported by voluntary subscription , telle est la fire et noble inscription qu'on lit dans toute l'Angleterre sur la faade de la plupart des hpitaux, des hospices, des asiles divers de la misre humaine. Alors mme que le gouvernement a pris l'initiative, le public est toujours venu revendiquer sa part et son droit : Condidit rex, civium largitas perfecit, comme il est dit sur la faade de l'immense hpital des alins de Bedlam.
81 - disait-il ce duc, gens de grande maison et de grande fortune hrditaire, vous ne ressemblez pas des hommes nouveaux, comme moi. Quelque forts que nous puissions devenir, quelles que soient la dimension et l'exquise saveur de nos fruits, nous n'en sommes pas moins des plantes annuelles; nous naissons et nous mourons dans la mme saison. Mais en vous, si vous tes ce que vous devez tre, mon regard se plat reconnatre ces grands chnes qui ombragent...