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Capacité calorique des corps solides et liquides, terminée par MM. Laplace et Lavoisier, le calorique spécifique étant supposé égal à 1,oooo. Eau. ........ ... .. .. ... -- . .. • • • • • 1,oo00 Plomb........................ ... o,o282 Mercure.. ... .. .. .. . . . • . .. • • • • • • • • • 0,0299 Étain............................ oo475 Deutoxide de mercure.. ........ o,o5o1 Fer battu......................... o,11o5 Deutoxide de plomb................ o,o623 Verre sans plomb............ . . .. • • O, 1929 Soufre.. ......... ... .. - - - - - - o,2o85 Chaux vive .............. o,2 169 Huile d'olive...................... o,3o96 Acide sulf. (densité 1,87)............ o,3346 Acide nit. (densité 1,3o)............ o,6614 Solut. de nitre(nit. 1, eau 8)........... o,8187

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Bismuth.......................... o,o288 Plomb. ......................... . o,o293 Or. .. .. .. .. .. . - - - - - - - - - - - - - - .. .. o,o298 Platine..................... .. .. .. o,o314 Étain................ . . .. -- ... ... o,o514 Argent. .. .. .. .. .. .. .. .. ... .. ..... o,o557 Tellure.. ... .... ... .......... . .... o,o612 Zinc..... - - - - - - - - - - - - - - - - - --- -- . - O,o927 Cuivre. .. ............ • • • • • • • • -- . - o,O949 Nickel........... - - - - - - - - - - - - - . .. o, 1o55 Fer.. .. .. .. .. .. . O, I I OO

Cobalt......
Soufre. .. .. ......................

o,1498 o, 188o Chaleur spécifique de différents gaz sous une méme pression, d'après les expériences de MM. Delaroche et Bernard, la chaleur de l'air étant prise pour unité. - A volumes

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CHALUMEAU. cHIMIE. Instrument destiné à accroitre, par un courant d'air, la flamme d'une lampe, d'une chandelle ou d'une bougie, et à la diriger, pour son plus grand effet, dans l'analyse des minéraux et autres manipulations chimiques. Cet instrument consiste simplement dans un tube de verre ou de laiton, d'environ quatre millimètres de diamètre à l'une de ses extrémités; renflé en boule à peu de distance de l'autre extrémité, qui se termine en pointe conique très-fine, percée d'une très-petite issue, par laquelle de l'air, fortement chassé, traverse la flamme d'une lumière, en dirige un jet délié, mais vif, sur le minéral présenté à SOn aCtIOn.

Cet instrument, bien fait, bien dirigé, peut servir à fondre la plus grande partie des minéraux, et à opérer sur les autres des altérations sensibles qui servent à les faire reconnaître. On distingue trois sortes de chalumeaux : le chalumeau simple, le chalumeau à gaz oxigène, et le chalumeau de Blooks, ou à gaz hydrogène et oxigène comprimés, au moyen duquel on fond presque toutes les substances qui passaient pour infusibles. V. OxIGÈNE.

CHAMBRE CLAIRE. PHYsIQUE. Instrument ingénieux, dû à M. Wollaston, au moyen duquel on peut dessiner tous les objets avec la plus grande fidélité. Il consiste en un prisme à quatre faces, taillé de manière que deux faces soient perpendiculaires, et les deux autres tellement inclinées , qu'elles réfléchissent toutes deux les rayons en

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très perpendiculairement à l'une des autres faces ; et si l'on place l'œil de manière que la moitié de la pupille reçoive les rayons réfléchis dans le prisme, et l'autre moitié les rayons émanés d'un papier placé au-dessous, l'image des objets extérieurs se projettera droit sur le papier, et l'œil apercevra en même temps la pointe d'un crayon qu'on promènerait sur cette surface : de cette manière on peut dessiner avec cet instrument comme avec une chambre obscure.

CHAMBRE oBsCURE. PHYsIQUE. En optique, on appelle chambre obscure, ou chambre noire, un châssis portatif, couvert d'une toile dont l'extrémité supérieure porte un grand objectif, surmonté d'un miroir qu'on incline à volonté, et par le moyen duquel les objets du dehors se peignent, avec leurs couleurs naturelles, sur un carton placé dans l'intérieur du châssis. Si on place au volet d'une chambre une lentille convergente, et à son foyer un verre dépoli, on y verra une image renversée des objets extérieurs; mais, si on reçoit la lumière avant ou après son passage à travers la lentille sur un miroir, les images seront redressées : tels sont les effets produits dans l'intérieur de la chambre obscure. Le tableau qu'offre la chambre obscnre différencie les figures qui sont plus près ou plus loin du spectateur. Non seulement la grandeur des objets y diminue à mesure qu'ils s'éloignent de l'œil, mais aussi leurs couleurs et leur lumière s'affaiblissent, et leurs parties se confondent. Plus l'éloignement est considérable, moins les objets sont colorés, moins on distingue leurs contours, et le jour étant plus fort ou plus éloigné, les ombres sont moins fortes.Au contraire, lorsque les objets sont plus près de l'œil et plus grands, les contours sont plus précis, les ombres plus vives et les couleurs plus éclatantes. On se sert de la chambre obscure pour esquisser avec exactitude et d'une manière expéditive des vues tres-compliquées, dont il serait difficile de suivre tous les détails dans le vaste espace qu'ils occupent : telle que la vue d'une ville dont on veut représenter fidèlement tous les édifices. Pour le coloris et le clair-obscur, il ne faut pas s'en rapporter au spectre de la chambre noire, dont la couleur et h lumière, toujours modifiées par les effets de la réfraction, sont d'ailleurs variables selon que le ciel est plus ou moins clair, le soleil plus ou moins brillant. Les chambres obscures varient beaucoup dans leurs formes et dans leurs grandeurs , suivant l'ob

jet auquel on les destine. Dans quelques-unes, on reçoit l'image sur un carton , sur lequel on peut facilement tracer des contours ; dans d'autres, l'image est vue à travers une glace dépolie. M. C. Chevalier a introduit récemment, dans la construction des chambres obscures, un perfectionnement important. La lentille et le miroir sont remplacés par un prisme, dont les faces sont, l'une plane, l'autre convexe, et la troisième concave; la lumiere qui pénètre dans le prisme éprouve une réflexion totale sur la surface plane, et elle reçoit, à son entrée dans le prisme et à sa sortie, le degré de convergence que lui donne le ménisque dans sa disposition ordinaire.

CHANSON. BELLEs-LETTR Es, PHILosoPHIE. La chanson, dit J.-J. Rousseau, est une espèce de petit poéme fort court, qui roule ordinairement sur des sujets agréables, auquel on joint un air pour être chanté dans des occasions familières, comme à table avec ses amis, ou même seul pour éloigner quel que instant l'ennui si l'on est riche, et pour supporter plus doucement la misère et le travail si l'on est pauvre.

Les chansons tiennent beaucoup de l'ode anacréontique : cependant elles ne demandent pas le

, même art, la même exactitude, les mêmes beautés.

Dans l'ode, on ne pardonne rien : dans la chanson, on passe bien des choses en faveur d'une belle pensée. Nous avons trois sortes de chansons : les sérieuses, les badines, et les galantes. L'air et la pensée doivent avoir quelque chose de grave dans les premières; quelque chose de riant, d'ingénieux, dans les secondes; et dans les troisièmes, quelque chose de délicat et de tendre. On donne encore une autre division prise du côté du sujet, mais qui n'est pas juste, puisqu'elle ne renferme pas tous les genres de chansons : selon cette seconde division, les chansons seraient ou satiriques, ou bachiques, ou tendres. La grande règle des chansons est de conserver une proportion entre les paroles, l'air et le sujet. Cet heureux accord demande, outre le goût et la méditation dans l'esprit, une oreille au moins sensible aux différents tons de la musique. Quant au style, l'élégance et la naïveté sont la plus grande beauté d'une chanson. La forme des vers y est toujours libre : le mélange des vers dépend de l'air; ainsi nous avons en chanson des pièces qui sont toutes en rimes de même espèce. Il y a tant de jolies chansons entre les mains de tout le monde, que nous croyons inutile d'en citer aucun exemple. L'usage des chansons est fort naturel à l'homme : il n'a fallu, pour les imaginer, que déployer les organes, et fixer l'expression dont la voix est capable, par des paroles dont le sens annonçât le sentiment qu'on voulait rendre ou l'objet qu'on voulait imiter. Aussi les anciens n'avaient pas l'usage des lettres, qu'ils avaient celui des chansons. En France, l'usage établi d'un commerce libre entre les femmes et les hommes, cette galanterie aisée qui règne dans les sociétés, le mélange ordinaire des deux sexes dans les repas, le caractère même d'esprit des Français, ont porté rapidement chez eux ce genre de poésie à la perfection. Un poète doué de la grâce et de la finesse d'Horace, d'un esprit à la fois philosophique et satirique, d'une âme vive et tendre, d'un caractère qui sympathisait avec toutes les gloires, Béranger, a créé parmi nous la chanson patriotique. La lyre en main, il s'assied sur le tombeau des braves, et fait répéter à la France en deuil les plaintes harmonieuses qu'il exhale dans des chants sans rivaux et sans modèles. Par un talent, ou plutôt par un charme qu'il a seul possédé, il a su rassembler dans des poèmes lyriques de la plus petite dimension, la grâce antique et la saillie moderne, la pensée philosophique et le trait des épigrammes, la gaîté la plus vive et la sensibilité la plus profonde; en un mot, tout ce que l'art a de plus raffiné, et tout ce que la nature a de plus aimable. « Les chansons, dit M. Ch. Lemesle, exercent une grande influence sur la société. Cette influence est d'autant plus puissante qu'elle attaque tous les organes à la fois, l'intelligence et la sensation, l'esprit et le corps. La persuasion est irrésistible quand elle vous est apportée par une maxime profonde qu'une épigramme aiguise, qu'une figure colore, et quand, au rhythme dont elle est cadencée, se joint la mélodie des notes umusicales. Rien de complet comme la chanson : c'est une harmonie à deux voix, une idée-sensation, une pensée à expression double. « La chanson est une puissance, parce qu'elle est inséparable de la nature de l'homme, qu'elle est le cri spontané de toutes ses passions, et qu'il n'est pas de nation au monde qui ne chante ses douleurs, ses plaisirs, son amour, sa haine : il a suffi plus d'une fois du chant de guerre d'un poète pour gagner des batailles. Des émotions violentes, la chanson passe aux émotions douces, et son empire n'est pas moins magique : dans la Suisse, elle s'empreint de tous les charmes de la montagne, et devient en quelque sorte la voix de la patrie. En France, elle est plus funeste que la satire la plus amère : elle attaque toute sommité tyrannique

par le ridicule et le mépris ; et le ridicule est le mépris sont mortels. C'est une des armes les plus dangereusesdel'opposition : l'épigramme redoubles qu'elle fait passer de bouche en bouche s'imprime insensiblement dans les esprits, la réflexion succède au rire, la haine germe et le fruit éclate. Béranger a fait autant pour la liberté que la presse périodique et les balles de juillet. « Considérée dans ses résultats sur nos mœurs, la chanson n'est pas moins une puissance : qu'un refrain soit remarquable, nous le fredonnons ou nous l'entendons fredonner à toute heure; il devient pour nous une habitude; notre intelligence se met à son diapason. Qu'une voix fraîche de jeune fille vienne à chanter le matin quelque gracieuse chanson, au même instant tout un ordre d'idées riantes se déroule dans notre esprit, et nous en avons pour la journée entière. Qu'un orgue, avec ses notes lentes et plaintives, module le soir, dans le lointain, quelque douce romance, notre âme, bercée d'un rêve mélancolique, se laisse aller mollement aux sentiments que retrace cette romance. Combien de pensées joyeuses fait bondir dans votre cœur la ronde grivoise que de francs lurons fredonnent en revenant de la barrière, avec une bonne grosse voix et de longs éclats de rire! Otez leurs chansons à la jeune ouvrière et à l'honnête journalier, et les voilà ennuyés, tristes, découragés, et peut-être, qui pis est, pensant à mal. Un gai refrain vaut mieux, pour le bien-être de l'artisan, que le luxe d'un salon et les cent écus de tous les financiers du monde. » La chanson rend meilleur; elle dispose à la bonté, à l'indulgence; il est rare que l'homme qui chante pense à faire mal. En France, on a toujours chanté, et l'on chantera toujours, parce que le caractère distinctif de la nation est la gaité, qui va trop souvent jusqu'à l'insouciance. Le Français chante dans les revers comme dans les succès, dans l'opulence comme dans la misère, à la table du marchand de la rue Saint-Denis comme à celle d'un banquier de la Chaussée-d'Antin, avec du vin de Bourgogne comme avec du vin d'Argenteuil, dans les fers comme en liberté ; on l'a vu chanter même sur les degrés de l'échafaud.

CHARBON. cHIMIE. Nom donné à la substance noire que l'on obtient en décomposant, à une chaleur rouge, les matières végétales et animales, privées du contact de l'air. On distingue le charbon végétal et le charbon animal; le premier provient de matières qui ne contiennent point d'azote ; le charbon animal, au contraire, est fourni par les substances animales et végétales renfermant de l'azote. Le charbon végétal est un corps solide, sans odeur, sans saveur, d'une couleur noire, cassant, sonore. qui brûle sans répandre de fumée, dont la dureté et la pesanteur varient beaucoup. Il est mauvais conducteur du calorique, mais il conduit assez bien l'électricité, aussi l'emploie-t-on pour garnir le pied des paratonnerres et transmettre facilement au solle fluide électrique. La plus forte chaleur ne peut le ramollir, il est inaltérable à l'eau. Une de ses propriétés les plus remarquables est celle d'absorber les gaz avec lesquels on le met en contact, ce qui le rend très-utile pour purifier les eaux et pour prévenir leur putréfaction. On obtient le charbon animal en distillant dans des vases clos, un peu au-dessus du rouge cerise, les os de divers animaux que l'on recueille en fort grande quantité dans les grandes villes. On lessoumet à la calcination par le procédé suivant : on remplit d'os concassés et dépouillés de leur graisse de gros cylindres placés horizontalement dans un four et terminés par un tuyau de trois pouces de diamètre, adapté à un appareil réfrigérant; on élève peu à peu la température jusqu'au rouge; et l'action se continue ainsi pendant trente-six heures ; il suffit alors de retirer le charbon, on le met dans des étouffoirs, on le laisse refroidir et on le réduit en poudre. On emploie le charbon animal pour la décoloration des liquides et pour la clarification du sucre. Voyez. CARBoNE.

CHARITÉ. ramosorHIE, MoRALE.Amour de l'humanité, qui nous porte à aimer les hommes et à les secourir de nos biens et de nos conseils; indulgence pour les défauts d'autrui.

La charité n'est que la justice, avec cette nuance, que la stricte justice se borne à dire: Ne fais pas à autrui le mal que tu ne voudrais pas qu'il te fit ; et que la charité ou l'amour du prochain s'étend jusqu'à dire: Fais à autrui le bien que tu en voudrais

recevoir.Ainsi l'Évangile, en disant que ce pré-.

cepte renfermait toute la loi et tous les prophètes, n'a fait qu'énoncer le précepte de la loi naturelle.

La charité exige qu'on protége les faibles, qu'on défende les opprimés, qu'on secoure les malheureux, qu'on ait de l'indulgence pour les défauts d'autrui, qu'on goûte le plaisir de faire tous les biens possibles, et qu'on s'y livre. Si les hommes puissants voulaient une fois donner cet exemple, s'ils préféraient la vraie gloire et la vénération publique aux misérables chimères qui les rendent si petits, et quelquefois si affreux, quelle heureuse

révolution ne produiraient-ils pas dans un empire. Mais la même vertu que nous peignons sous les attributs de la douceur, de la commisération, de la générosité, doit aussi s'armer de vigueur et de force pour abattre les oppresseurs publics, les traitres à la patrie, les sangsues des peuples, et chacun, à cet égard, doit employer ce qu'il a de voix , de crédit et d'autorité. On n'en saurait faire un usage plus respectable, ni remplir plus héroïquement le précepte de la charité.

CHASTETÉ. PHILosornre • MoRALE. Vertu morale qui prescrit la modération des désirs déréglés des sens, qui réprime l'abus qu'on serait tenté de faire des plaisirs de l'amour, qui fait qu'on s'abstient de tout ce qui pourrait blesser la pudeur et la modestie. Lavaillance est donnée aux hommes, et la chasteté aux femmes, pour les vertus principales, comme les plus difficiles à pratiquer. « Que la chasteté, dit J.-J. Rousseau, doit être une vertu délicieuse pour une belle femme qui a quelque élévation dans l'âme ! Tandis qu'elle voit toute la terre à ses pieds, elle triomphe de tout et d'elle-même : elle s'élève dans son propre cœur un trône auquel tout vient rendre hommage; les sentiments tendres ou jaloux, mais toujours respectueux des deux sexes, l'estime universelle et la sienne propre lui paient sans cesse, en tribut de gloire, les combats de quelques instants. Les privations sont passagères; mais le prix en est permanent. Quelle jouissance pour une âme noble, que l'orgueil de la vertu jointe à la beauté! » Il ne faut pas confondre la pudeur avec la chasteté. La pudeur est un sentiment de respect pour tout ce qui est honnête et séant, qui s'alarme de tout ce qui blesse on peut blesser la modestie. La pudeur etla chasteté sont deux choses si différentes, que telle femme qui ne laisserait pas voir son bras nu, brûle souvent au fond du cœur d'une flamme criminelle. L'obscurité, la nuit et la solitude dispensent de la pudeur, et ne dispensent pas de la chasteté. Il ne faut pas non plus confondre la chasteté avec la continence, et réciproquement; tel est continent qui n'est pas chaste.La chasteté est de tous les temps, de tous les âges et de tous les états. La continence n'est que l'état du célibat, et il s'en manque beaucoup que le célibat soit un état d'obligation. o L'âge rend les vieillards nécessairement continents; il est rare qu'il les rende chastes. La continence absolue n'est utile ni à la société où elle a lieu, ni à l'individu qui la pratique : elle est même nuisible à l'un et à l'autre. D'abord elle nuit à la société en ce qu'elle la prive de la population, qui est un de ses principaux moyens de richesse et de puissance; et de plus, en ce que les célibataires, bornant toutes leurs affections au temps de leur vie, ont en général un égoïsme peu favorable aux intérêts généraux de la société.En secondlieu, elle nuit aux individus qui la pratiquent, par cela mème qu'elle les dépouille d'une foule d'affections et de relations qui sont la source de la plupart des vertus domestiques et sociales; et de plus, il arrive souvent, par des circonstances d'âge, de régime, de tempérament, que la continence absolue nuit à la santé et cause de graves maladies, parce qu'elle contrarie les lois physiques sur lesquelles la nature a fondé le système de la reproduction des êtres; et ceux qui vantent si fort la continence, même en supposant qu'ils soient de bonne foi, sont en contradiction avec leur propre doctrine, qui consacre la loi de la nature par le commandement si connu : Croissez et multipliez. La chasteté est plus considérée dans les femmes que dans les hommes, parce que le défaut de chasteté dans les femmes a des inconvénients bien plus dangereux pour elles et pour la société; car, sans compter les chagrins et les maladies qui leur sont communs avec les hommes, elles sont encore exposées à toutes les incommodités qui précèdent, accompagnent et suivent l'état de maternité dont elles courent les risques en se livrant à des plaisirs illicites. Que si cet état leur arrive hors des liens du mariage, elles deviennent un objet de scandale et de mépris public, et remplissent d'amertume et de trouble le reste de leur vie. De plus, elles demeurent chargées des frais d'entretien et d'éducation d'enfants dénués de pères; frais qui les appauvrissent et nuisent de toute manière à leur existence physique et morale. Dans cette situation, privées de la fraicheur et de la santé, qui sont leurs appas les plus attrayants, portant avec elles une surcharge étrangère et coûteuse, elles ne sont plus recherchées des hommes, elles ne trouvent point d'établissement solide, elles tombent dans la pauvreté, la misère, l'avilissement, et trainent avec peine une vie malheureuse. Voyez CoNTINENCE, PUDEUR.

CHASSE. GYMNAsTIQUE, HYGIÈNE. La chasse consiste en toutes sortes de guerre que nous faisons soit aux animaux sauvages, soit aux bêtes fauves et au menu gibier, soit aux oiseaux.

La chasse a été regardée par tous les peuples comme un des exercices les plus utiles, les plus propres à développer les sens et l'organisme entier. Le chasseur s'habituant à braver les feux d'un soleil

ardent et les glaces d'un hiver rigoureux, continuellement exposé à la pluie et aux vents, enfin à toutes les intempéries des saisons, acquiert la faculté précieuse d'être insensible à leurs atteintes. Obligé de franchir les obstacles nombreux qui s'opposent à son passage, il devient agile, adroit; suspendu sur des rocs escarpés, il s'habitue à mesurer sans effroi le précipice ouvert sous ses pas; il suit à la course un cerf agile, il fuit un sanglier furieux. Son œil accompagne au loin l'oiseau qui traverse les airs; son oreille perçoit le moindre bruit. Forcé d'imaginer mille embûches, il devient industrieux, rusé; mais cet exercice violent occasionnant des pertes considérables, fait naître le besoin de les réparer. L'appétit du chasseur est toujours vif, sa digestion toujours active et complète; l'absorption, la circulation, la respiration suivent nécessairement cette augmentation d'énergie. L'homme qui se livre habituellement à l'exercice de la chasse est presque réduit aux passions de l'homme isolé : assez généralement il méconnaîtl'ambition, l'envie, l'avarice; les tourments de l'amour déchirentrarement son cœur. L'habitude de vivre dans les bois donne au chasseur un caractère âpre, fier, inflexible aux raffinements de la politesse; et le peu de culture de son esprit le rend presque insensible aux plaisirs des beauxarts et des sciences.

CHAUX. cHIMIE. Nom donné au protoxide de calcium, composé de 1oo parties de métal et de 38,o9 d'oxigène. La chaux, rangée parmi les oxides alcalins et les terres alcalines, est très-abondamment répandue dans la nature à l'état de sous-carbonate, de sous-phosphate, de sulfate, de nitrate et d'hydrochlorate; on ne la rencontre jamais pure, mais combinée avec les acides. La chaux pure et vive est blanche, caustique, infusible, inaltérable par la chaleur : exposée à l'air, elle en attire l'humidité, se délite, s'échauffe et tombe en pousssière; bientôt elle attire l'acide carbonique de l'air et se transforme plus ou moins rapidement en un sel insipide. La chaux se prépare en décomposant, à l'aide de la chaleur, la pierre à chaux ou carbonate de chaux, dans des fours qui ont la forme d'un ellipsoïde lorsque l'on brûle du bois, et celle d'un cône lorsque l'on emploie la houille : l'acide carbonique se dégage et laisse la chaux à l'état solide. Si la pierre calcaire renferme beaucoup de silice et d'alumine, il faut veiller à ce que le feu ne soit pas trop vif, car cette chaux se vitrifierait facilement. En général, il parait que la présence de l'eau est nécessaire à la calcination, ou du moins la rend plus facile ; les chaufourniers ont soin d'humecter la pierre qui

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