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de plus de 2oo milliards de fois pour le volume. C'est avec ces instruments que cet illustre astronome est parvenu à décomposer en étoiles la plupart des nébuleuses, à augmenter considérablement la liste de ces amas de matière brillante, enfin a été conduit à des idées si élevées sur l'organisation de l'univers. Le télescope de Galilée est composé de deux verres, dont l'un, qui est convexe, sert d'objectif, et l'autre, qui est concave, sert d'oculaire. Ces verres sont éloignés l'un de l'autre d'une distance telle que le foyer réel de l'objectif corresponde avec le foyer virtuel de l'oculaire. En général, le télescope augmente le diamètre de l'objet autant de fois que le foyer réel du verre objectif contient de fois le

, foyer virtuel du verre oculaire. Le télescope de

Galilée fait voir les objets dans leur situation naturelle; mais il a fort peu de champ, parce que les rayons sortent divergents de l'oculaire; et si cette divergence leur fait occuper un espace plus grand que le diamètre de la prunelle, l'œil ne peut pas même embrasser tout le champ de l'instrument; et il en embrasse d'autant moins qu'il s'éloigne davantage du verre oculaire. L'étendue que la vue embrasse d'un coup d'œil augmente donc à mesure que l'œil s'approche de l'oculaire; mais le champ diminue à mesure que le télescope grossit davantage. On nomme télescopes achromatiques, des télescopes construits de manière à faire disparaître l'espèce de limbe irisé qui environne les objets vus à travers des appareils mal disposés. Il y a cent ans environ que l'on reconnut la cause de ce défaut, et qu'on entreprit d'y remédier. Dolland, opticien anglais, fut le premier qui confectionna des télescopes achromatiques. Les principes de l'achromatisme reposent sur la connaissance de plusieurs faits, savoir : la décomposition des rayons lumineux en plusieurs couleurs en passant à travers un verre transparent; puis la différence du pouvoir réfringent de ces corps suivant leur forme et leur composition intime. D'après cela on obtient des images parfaitement nettes en composant les lentilles de verres alternativement concaves et convexes, composés soit de flint-glass, soit de crown-glass, dont l'action dispersive inégale établit compensation. Le télescope d'Herschell est formé d'un tuyau au fond duquel se trouve un miroir métallique sphérique concave ; les rayons émanés des objets extérieurs forment en avant du miroir une image que l'on regarde avec une loupe ou avec un oculaire achromatique. Dans cette disposition, l'observateur intercepte une partie des rayons inci

dents; mais quand l'axe du miroir est un pen incliné sur l'axe du faisceau incident, l'image se forme hors de l'axe, le sommet seul de la tête se trouve dans le trajet des rayons, et si le miroir est très-grand, la quantité de lumière interceptée es fort petite. C'est avec un appareil semblable, qui avait quarante pieds de foyer, que Herschell a fait une partie de ses découvertes. Le télescope de Newton est un instrument forme aussi d'un tuyau terminé par un miroir, mais il renferme un petit miroir plan incliné à 45 degrés. qui rejette l'image perpendiculairement à sa direction, de sorte qu'on peut l'observer par un oculaire situé parallèlement au tuyau ; cette disposition évite ainsi l'interposition de l'observateur dans les rayons incidents et permet d'employer des miroirs de toutes dimensions ; mais elle occasionne une perte de lumière considérable, par la réflexion sur le miroir plan. Newton lui avait substitué un prisme de verre rectangulaire; un des côtés de l'angle droit étant disposé perpendiculairemeut à la direction des rayons incidents, la réflexion sr la face inclinée a lieu sans absorption ni déviatiot. Cet instrument est très-incommode pour les recherches astronomiques, à cause de la position de l'observateur; les appareils suivants n'ont point eet inconvénient. Dans le télescope de Gregory, le miroir plan de télescope de Newton est remplacé par un petit miroir concave, et le grand miroir est percé à son centre d'une ouverture qui reçoit l'oculaire : les rayons réfléchis sur le grand miroir forment une image qui, réfléchie dans le petit miroir, forme une autre image que l'on regarde directement avec l'oculaire. Le télescope de Cassegrain est un instrument qui ne diffère du précédent que par la forme du petit miroir, qui est convexe; cette disposition a I'avantage de détruire les aberrations de sphéricité des deux miroirs, parce qu'elles sont en sens contraire. Dans tous les télescopes, les miroirs métalliques doivent avoir le poli le plus parfait, et le tuyau doit être noirci entièrement. Voyez OPTIQUE.

TÉMÉRITÉ. PHILosoPHIE, MoRALE. Caractère d'une hardiesse inconsidérée, qui entreprend audelà de ses droits ou de ses pouvoirs. Par un concours de circonstances fortuites, il arrive quelquefois que la témérité aueint au succès. Il n'en est pas moins vrai que, selon les règles ordinaires, elle doit échouer. Jamais on ne doit entreprendre une carrière quelconque, sans avoir bien consulté, et ses facultés personnelles, et les secours sur lesquels

on peut compter, et la nature des objets qu'on rencontrera, et l'espèce des moyens qu'on aura à opposer à ces obstacles pour les vaincre. La témérité n'envisage aucun de ces objets; elle entre dans la carrière sans avoir même envisagé son étendue, s'y trouve livrée au hasard, et doit naturellement n'y recueillir que de la honte.

TEMPÉRAMENT. PHYsioLoGIE. On désigne communément sous le nom de tempérament des différences individuelles consistant en des diversités de proportion et d'activité dans les divers appareils organiques du corps humain, capables de modifier d'une manière sensible tout l'organisme, mais compatibles cependant avec la conservation de la santé et de la vie.

Les principaux tempéraments peuvent se réduire à quatre; savoir : le tempérament nerveux, le lymphatique, le sanguin, et le bilieux.

TEMPÉRAMENT NERvEUx. Le tempérament nerveux a pour caractère une susceptibilité extrême : l'individu qui le possède sent à l'excès ; il n'y a pas pour lui d'influences faibles ; tout agent, quel qu'il soit , fait impression sur ses organes.Un coup, un froissement, le seul contact d'un corps dont la température diffère à un degré notable de la sienne, lui causent une douleur ou au moins un malaise des plus vifs, alors que d'autres individus les auraient sentis à peine. Les passions, les sensations se succèdent continuellement chez les sujets nerveux ; on peut même dire que ceux qui le sont à un haut degré ne restent pour ainsi dire jamais sans en éprouver. On les voit fréquemment changer vingt fois de visage dans une minute. Mais autant leurs passions sont violentes, autant elles ont peu de durée. Leur volonté est aussi mobile que leurs sens; ils n'ont le plus souvent que des caprices, et leurs désirs, quoique souvent opposés les uns aux autres, se remplacent et s'effacent incessamment avec une incroyable rapidité. Constamment, si ce n'est lorsqu'ils sommeillent, ils éprouvent à un degré quelconque du plaisir ou de la douleur. Comment la santé pourrait-elle résister à ces commotions continuelles ? Aussi la plupart des sujets très-susceptibles sont-ils débiles et souffrants. Considérez ces femmes sensibles qui peuplent nos spectacles, nes bals et uos salons ; toujours elles sont malades, malades de leur tempérament. Toutefois il faut bien se garder de prendre chez elles pour la mesure de leur mal la manière dont elles le sentent ou l'expriment ; tout chez elles est exagéré; et pour se faire une idée juste de l'état de leurs organes, on doit réduire par la pensée les sensations qu'elles y rapportent.

Le plus souvent ce tempérament est acquis; il abonde dans les villes, il est rare dans les campagnes. Le soin avec lequel les citadins s'appliquent à se procurer des sensations, ou à les procurer à leurs enfants, dès l'âge le plus tendre, finit par exagérer chez eux la faculté de sentir. Rien n'est plus propre à développer le tempérament nerveux que l'oisiveté, la vie des salons, la fréquentation des spectacles, des bals; la réunion de toutes les aisances de la vie, les conversations licencieuses, les lectures obscènes et de romans; l'usage habituel des aliments très-sapides, des liqueurs fermentées, etc., et enfin l'attention qu'on met à éloigner de soi tout ce qui pourrait causer des sensations désagréables, à en rapprocher tout ce qui en produit de contraires.

Le tempérament nerveux a quelques attributs physiques qui aident à le reconnaitre. Les personnes qui le possèdent sont en général maigres et peu musclées. Elles manquent d'énergie physique et se fatiguent avec la plus grande facilité. De toutes les couleurs que peuvent présenter les cheveux, la blonde est celle que ces parties offrent le moins souvent chez les sujets nerveux.

TEMPÉRAMENT LYMPHATIQUE. La manière de sentir des individus lymphatiques est totalement différente de celle que viennent de nous présenter les sujets nerveux : les premiers sont pauvres de ce que ces derniers ont en excès.Autant les sensations sont vives chez ceux-ci, autant elles sont obtuses chez les autres. Nous ne dirons pas que les lymphatiques passent leur vie dans une indifférence complète, la chose est impossible ; mais ils se rapprochent beaucoup de cet état. Les agents physiques les trouvent presque engourdis, et c'est bien de ces individus qu'on peut dire que ce n'est qu'en les écorchant qu'on les chatouille : leurs impressions morales sont presque nulles ; ils ont des émotions, rarement des passions : leur caractère est doux, leurs mouvements sont lents; enclins à la paresse, ils ne trouvent la volupté que dans le repos. On ne devrait pas conclure cependant du peu d'impressionnabilité de leurs sens, que leurs facultés intellectuelles sont nulles ou faibles; seulement elles ont un caractère particulier. Montaigne, l'indifférent Montaigne, n'était certainement pas un homme ordinaire, et cependant on le cite comme un de ceux qui peuvent servir de type au tempérament lymphatique. Si l'impartiale raison doit en effet se rencontrer quelque part, ce doit être surtout chez celui qui, inaccessible aux passions, vit à l'abri des émotions qui faussent de coutume le jugement des autres.

Les lymphatiques ont, en général, les cheveux blonds, les yeux bleus, la peau blanche et fine, les lèvres épaisses, les articulations grosses, les chairs molles, pâteuses, chargées de graisse ou plutôt gorgées de liquides blancs: ils sont sujets, surtout dans leur jeune âge, aux engorgements glandulaires, à toutes les affections qu'on désigne sous les noms de scrofules, d'écrouelles, de rachitisme, et qu'on rapporte au système lymphatique : mais à mesure qu'ils prennent l'âge, ces caractères physiques deviennent moins apparents, disparaissent, et les sujets lymphatiques ne se distinguent plus que par leur peu de sensibilité. TEMPÉRAMENT sANGUIN. L'individu qui présente le tempérament sanguin sent plus que le sujet lymphatique, et moins que le sujet nerveux ; il présente surtout une plus grande force d'action, une énergie physique plus considérable que l'un et l'autre : ses passions sont violentes, mais passagères. L'amour, la colère, la fureur sont souvent poussées chez lui à l'excès ; mais ils se dissipent avec autant de facilité qu'ils en mettent à naitre. Les personnes sanguines sont communément vives, légères, inconstantes, bonnes, généreuses; elles ont plutôt des défauts que des vices; sujettes aux passions les plus extrèmes, elles commettent quelquefois des crimes, mais comme ces passions n'ont pas, en général, une longue durée, on voit rarement les sujets sanguins présenter le spectacle hideux d'une profonde dépravation. Ce qui les distingue surtout, c'est l'activité de la circulation sanguine et de toutes les fonctions qui en dépendent, c'est l'abondance et la richesse du sang. Leur pouls est plein, fort, développé, quelquefois rare ; leurs lèvres, leur face sont colorées d'une teinte vermeille ; leur peau n'a pas la blancheur de celle des lymphatiques, la couleur brune des individus bilieux, elle est légèrement rosée, on s'aperçoit que le sang y circule : toutes les causes susceptibles de déterminer des congestions sanguines, des inflammations, des hémorragies, ont une influence considérable sur la santé des sujets sanguins. Des leur jeune âge ils sont sujets aux épistaxis; la menstruation est précoce et abondante chez les femmes de ce tempérament; il est considéré enfin comme la prédisposition la plus puissânte aux phlegmasies, et il leur donne une acuité telle, qu'elles exigent promptement les secours les plus actifs de l'art. Aux attributs extérieurs que présentent les sujets sanguins, et que nous venons de signaler, il faut ajouter que le plus souvent leurs cheveux sont châtains ; qu'ils ne sont ni trop gras ni trop maigres; qu'ils ont les yeux bleus ou bruns, la physionomie ani

mée, la taille avantageuse, les formes douces, quoique bien exprimées; que leurs jointures sont petites. et leur force musculaire assez grande. Le tempérament qu'on nomme athlétique ou musculaire, à cause du développement et de la force des muscles chez ceux qui le présentent, a les plus grands rapports avec le tempérament sanguin. Parmi les individus qu'on cite comme ayant été doués de ce dernier au plus haut degré, on trouve Marc-Antoine, le maréchal duc de Richelieu, Henri IV, Louis XIV, Regnard et Mirabeau. TEMPÉRAMENT BILIEUx. Les impressions ressenties par les sujets bilieux sont moins vives, du moins en apparence, que celles qui sont éprouvées par les individus nerveux ou sanguins ; mais elles sont plus durables. Non-seulement les personnes bilieuses sont capables des déterminations les plus fortes, les plus grandes, mais encore elles les suivent avec persévérance. En général, elles sont ambitieuses, fermes, inflexibles; souvent on les a vues remuer le monde ; et c'est parmi ces personnes surtout qu'on trouve le plus de grands hommes et de grands scélérats : Alexandre de Macédoine, JulesCésar, Brutus, Mahomet , Charles XII, le czar Pierre, Cromwell, Sixte-Quint, Napoléon , sont présentés comme des types de ce tempérament. On lui donne, pour caractères physiques, la couleur noire des cheveux, la teinte jaunâtre ou basanée de la peau, la forme du pouls, une grande vigueur et un embonpoint médiocre. Ceux qui le présentent sont sujets aux affections du foie, de l'estomac et du duodénum, et c'est à cette prédisposition que ce tempérament doit son nom. Ils sont fréquemment atteints d'hémorrhoïdes ; et, chez quelques-uns on observe une tendance à la mélancolie, qui a fait admettre une variété du tempérament bilieux, qui a été nommé mélancolique. On cite, comme types de ce dernier tempérament, Louis XI, Tibère, J.-J. Rousseau , le Tasse, Pascal, Guilhert, Zimmermann, etc. M. Rostan, à qui l'on doit une histoire physiologique des tempéraments, veut qu'on substitue au mot tempérament celui de constitution , dont il admet six principales, fondées sur le degré de prédominance ou d'infériorité des divers appareils organiques qui remplissent, dans notre économie, les fonctions les plus importantes. 1° Tempérament dans lequel domine l'appareil digestif. L'homme dans lequel cet appareil prédomine est remarquable par la vivacité de son appétit, la forme de son estomac, la rapidité des digestions; une partie de la bile, dont la sécrétion est fort abondante , rentre dans la circulation, sti

mule les organes intérieurs, et donne une teinte particulière à toute la surface. L'homme ainsi constitué n'est pas moins remarquable par le developpement de son intelligence et la vivacité de son imagination; il ne connaît pas la modération; il exécute, par la violence et l'opiniâtreté, ce qu'il entreprend avec audace; ses passions sont impétueuses. C'est dans ce tempéraineut qu'on rencontre les tyrans, les génies, les bienfaiteurs, les conquérants, etc. 2" Tempérament dominent les appareils respiratoires et circulatoires. Il est caractérisé par le développement de la poitrine et des organes thoraciques, la force et l'activité de leurs fonctions, la largeur et la vivacité du pouls; les fonctions organiques s'exécutent avec aisance, les mouvements sont prompts et faciles ; l'imagination est moins profonde, mais elle est riante et animée ; l'esprit est très-mobile, partant peu apte à la méditation ; les passions sont moins impétueuses, les impressions se succèdent avec rapidité, et ne laissent que des traces fugitives. 3° Tempérament domine l'encéphale et ses dépendances. Dans cette constitution , la vie semble avoir abandonné les fonctions végétatives pour se réfugier dans l'appareil nerveux ; le corps est élancé et maigre, la peau sèche et froide, la physionomie triste, les digestions lentes et pénibles, le pouls faible et tardif; les mouvements sont circonspects; les sensations au contraire sont vives ; les passions, éternelles. L'homme ainsi organisé a une imagination soucieuse et égarée, mais toujours active, et une pénétration très-grande. Lorsque cette constitution s'associe à la première, il en naît des hommes qui étonnent l'univers; Pascal, Rousseau, etc. 4° Tempérament domine l'appareil locomoteur. Dans celui-ci, au contraire, toutes les fonctions organiques sont pleines d'énergie, les os sont fort développés, les saillies musculaires sont très-considérables , la poitrine est évasée, les épaules sont larges; les fibres musculaires, denses et serrées, sont capables des plus violents efforts : mais, en revanche, les sensations sont obtuses; l'esprit, lourd ou très-médiocre, les passions assez froides, etc. Tempérament domine l'appareil génital. Il est caractérisé par un grand développement de l'appareil sexuel et l'activité de ses fonctions, par des désirs amoureux sans cesse renaissants, une imagination libidineuse, des érections fréquentes, une barbe forte et serrée, un embonpoint au-dessous du médiocre, une voix grave et sonore. Cette exaltation érotique se rencontre plus fréquemment

chez la femme que chez l'homme; elle coexiste ordinairement avec une grande activité de l'appareil digestif: sans cette condition, elle conduit inévitablement à un épuisement prématuré.

Temperament caractérisé par l'atonie de tous les apparetts. Le corps est lourd, pâle et chargé d'embonpoint, la physionomie est sans expression, les mouvements sont tardifs et pénibles, la digestion est longue et laborieuse ; la circulation, lente ; le pouls, mou, facilement dépressible. Le moral n'offre pas une plus grande activité: les sensations sont obscures; l'esprit est juste, mais il manque de vivacité et de pénétration. L'homme qui est doué de ce tempérament est indolent, impassible, sans passions et peu apte aux plaisirs vénériens.

7° Enfin, du développement convenable des divers appareils organiques, coïncidant avec une énergie proportionnée de système nerveux, M. Rostan déduit ce qu'il appelle une forte constitution. Bien entendu qu'il n'entend pas par là la force musculaire qui caractérise le tempérament athlétique, mais bien cette force qui entretient la stabilité de la santé, en s'opposant aux causes morbifiques qui tendent sans cesse à altérer ou à ruiner notre édifice. Des circonstances inverses on tire nécessairement une constitution opposée. C'est en interrogeant successivement les diverses fonctions, qu'on peut juger de l'énergie et de la proportion de leurs appareils, et par conséquent du degré de force ou de faiblesse de la constitution; car chaque individu a la sienne propre, et c'est encore entre eux une grande source d'individualités particulières.

TEMPÉRANCE. rHmLosoPHIE, MoRALE. Sage modération qui retient dans de justes bornes nos désirs, nos sentiments et nos passions; c'est un usage réglé de nos facultés, qui fait que nous n'excédons jamais, dans nos sensations, le but de la nature à nous conserver ; c'est, en un mot, la modération des passions.

TEMPÊTEs. GéoGRAPHIE , PHYsIQUE. Les tempêtes sont des vapeurs trop abondantes, amassées par des vents opposés. Aussi, dans les vents d'orient, les vapeurs suivant un cours réglé, et n'étant jamais opposées ni réunies par des vents divers, les tempêtes n'ont point lieu, parce qu'il n'y a pas d'amas de vapeurs. Voyez VENTs, OURAGAN.

TEMPÉRATURE. PHYsIQUE. Constitution de l'air, selon qu'il est froid ou chaud, sec ou humide; état relatif des corps par rapport à la chaIl est assez difficile de définir exactement ce qu'on entend par température. On sait que les corps produisent différents eflets sur nos organes, suivant qu'ils ont été réchauffés ou refroidis; mais nos sensations sont trompeuses : elles sont modifiées par celles qui ont précédé, ou par l'état mème de nos organes. Ainsi un corps médiocrement froid nous paraît chaud, après avoir touché de la glace, et la main d'une personne qui a la fièvre trouve froids les corps qu'une main fraiche trouverait chauds; on a donc dû chercher des moyens plus exacts de reconnaître les degrés de chaud ou de froid des corps. L'expérience ayant démontré que la dilatation était un des effets les plus sensibles de la chaleur sur les corps, on a imaginé de s'en servir pour mesurer le degré de chaleur de ces corps, au moyen d'instruments qui ont reçu le nom de thermomètres, que l'on a gradués d'une manière conventionnelle : ainsi, par exemple, on a nommé zéro le point où uu liquide arrive quand l'instrument est plongé dans de la glace fondante, et 1oo" celui où le liquide arrive quand l'instrument se plonge dans l'eau bouillante.Après avoir tracé cette échelle arbitraire, on est convenu de nommer température l'effet produit sur le thermomètre, et de nommer degrés de chaleur tous ceux qui se trouvent au-dessus de o", et degrés de froid ceux qui se trouvent au-dessous ; en sorte qu'on peut définir la température, l'effet que produit un corps sur le thermomètre.

leur.

Les variations de la température d'une région quelconque de la terre ne dépendent pas de la distance du soleil, qui est plus petite en hiver qu'en été; mais la cause principale provient de l'obliquité des rayons solaires et du temps que le soleil reste sur l'horizon. Pendant l'hiver, ce temps est plus court que pendant l'été, et les rayons, tombant plus obliquement, se réfléchissent en plus grande partie; d'où il s'opère un abaissement dans la température, qui dépend de la quantité des rayons caloriques. Parmi plusieurs autres causes qui influent sensiblement sur la température d'un pays, nous citerons les principales, savoir : la hanteur du sol au-dessus du niveau de la mer, sa pente générale, la position de ses montagnes.

Près de l'équateur, de 1, 15o à 1,5oo toises, on éprouve une température semblable à celle de la France ou de l'Angleterre; de 2,3oo à 2,54o toises, le climat ressemble à celui pres du pôle, et tous les sommets au-delà de 2,4oo toises restent couverts de neiges éternelles : ainsi, au-dessus des plaines brûlantes du Pérou, on voit de vastes régions toujours glacées. Le long des grandes chaines qui

traversent les régions de l'Asie ou de l'Amérique, placées sous le tropique, le voyageur, en quelques jours, éprouve tous les climats successifs de notre globe : de l'hiver le plus rigoureux il passe à des régions tempérées, et descend ensuite au milieu de l'abondance variée de la végétation du tropique. Non seulement ces chaines immenses entretiennent une fraicheur agréable et salutaire sur les pays qui les environnent, mais encore, par les grands fleuves qui y prennent leurs sources, elles répandent la fertilité sur des régions éloignées. On trouve aussi cette variété de température dans les Alpes. La mer influe beaucoup sur la température du globe par son évaporation, et parce qu'une grande masse d'eau conserve la température qu'elle a une fois acquise, et ne suit pas, aussi promptement que l'air, les variations thermométriques. Sous les tropiques, une grande étendue de mers, par les vapeurs qu'elle produit, répand la fraicheur sur les terres qui l'environnent.Sa surface communique à son sein une partie des rayons du soleil, et ne s'échauffe pas comme la surface des continents : elle fournit des vents qui tempèrent la rigueur de l'action du soleil. Au contraire, les contrées entourées de terres de tous côtés n'éprouvent aucun adoucissement , et sont souvent con-umées par la chaleur et la sécheresse. Dans les climats tempérés, les iles et les terres qui avoisinent les mers n'éprouvent pas des étés aussi chauds et des hivers aussi rigoureux que l'intérieur des continents.Ainsi un pays situé dans ces climats est plus chaud lorsqu'il se trouve une grande étendue de terre entre lui et l'équateur, et plus froid quand il en est séparé par la mer. On sait qu'à égale température, l'hémisphère boréal est plus chaud que l'hémisphère austral. , La nature du terrain influe considérablement sur la température d'un pays. Un sol aride absorbe et retient les rayons du soleil avec beaucoup de force. L'immense désert de Sahara, en Afrique, est comme une espèce de fournaise, qui échauffe nonseulement les régions contigues, mais encore des contrées très-éloignées.Au contraire, un pays couvert de forêts, qui empèchent que les rayons du soleil ne soient absorbés par la terre, est beaucoup plus froid qu'il ne serait s'il était défriché et cultivé. - Pour évaluer la température moyenne d'un lieu, il ne faut pas se contenter, comme on le faisait autrefois, de prendre le milieu entre le maximum et le minimum de la hauteur du thermometre pendant le cours de l'année, mais il faut encore avoir égard à la durée de chaque température. Dans no

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