Penses thologiques, relatives aux erreurs du temps;

De l'Imprimerie de Landriot. Et se trouve Paris, chez Belin, Libraire, rue Saint-Jacques., 1798 - 372
 

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88 - Est-ce l le ton d'un enthousiaste ou d'un ambitieux sectaire ? Quelle douceur, quelle puret dans ses murs, quelle grce touchante dans ses instructions, quelle lvation dans ses maximes, quelle profonde sagesse dans ses discours, quelle prsence d'esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses rponses, quel empire sur ses passions ! O est l'homme, o est le sage qui sait agir, souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation...
89 - La mort de Socrate, philosophant tranquillement avec ses amis, est la plus douce qu'on puisse dsirer: celle de Jsus expirant dans les tourments, injuri, raill, maudit de tout un peuple, est la plus horrible qu'on puisse craindre. Socrate, prenant la coupe empoisonne, bnit celui qui la lui prsente et qui pleure; Jsus, au milieu d'un supplice affreux, prie pour ses bourreaux acharns. Oui, si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jsus sont d'un Dieu.
223 - Le nud de notre condition prend ses replis et ses tours dans cet abme ; de sorte que l'homme est plus inconcevable sans ce mystre que ce mystre n'est inconcevable l'homme.
69 - Gengiskan, qui ont dvast l'Asie; et nous verrons que nous devons au christianisme, et dans le gouvernement un certain droit politique, et dans la guerre un certain droit des gens que la nature humaine ne sauroit assez reconnotre.
37 - Un prince qui aime la religion et qui la craint est un lion qui cde la main qui le flatte ou la voix qui l'apaise; celui qui craint la religion et qui la hait est comme les btes sauvages qui mordent la chane qui les empche de se jeter sur ceux qui passent; celui qui n'a point du tout de religion est cet animal terrible qui ne sent sa libert que lorsqu'il dchire et qu'il dvore.
88 - Quand Platon peint son juste imaginaire, couvert de tout l'opprobre du crime et digne de tous les prix de la vertu, il peint trait pour trait Jsus-Christ ; la ressemblance est si frappante que tous les Pres l'ont sentie , et qu'il n'est pas possible de s'y tromper.
354 - Sous le hautain prtexte qu'eux seuls sont clairs, vrais, de bonne foi, ils nous soumettent imprieusement leurs dcisions tranchantes, et prtendent nous donner pour les vrais principes des choses les inintelligibles systmes qu'ils ont btis dans leur imagination.
90 - Mon ami, ce n'est pas ainsi qu'on invente ; et les faits de Socrate, dont personne ne doute, sont moins attests que ceux de Jsus-Christ.
88 - Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe, qu'ils sont petits prs de celui-l ! Se peut-il qu'un livre la fois si sublime et si simple soit l'ouvrage des hommes? Se peut-il que Celui dont il fait l'histoire , ne soit qu'un homme lui-mme? Est-ce l le ton d'un enthousiaste ou d'un ambitieux sectaire?
354 - Du reste, renversant, dtruisant, foulant aux pieds tout .ce que les hommes respectent, ils tent aux affligs la dernire consolation de leur misre, aux...