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verra une société gouvernée par les philosophes. Cependant, à la philosophie seule devrait être remis le gouvernement des choses humaines. Mais, poursuit Socrate, bien que nous ne devions jamais voir une société ainsi réglée, construisons toujours une république que gouvernera la philosophie. C'està-dire que Platon ne craint pas d'élever une société idéale qui contrarie sur tous les points la. légalité non-seulement athénienne, mais grecque.

Or, la philosophie que Socrate appelle au gouvernail est la science du bien en soi, le triomphe de l'homme sur toutes les passions, la pureté la plus éclatante de l'âme, sa ressemblance la plus complète avec Dieu, avec le type éternel. C'est revêtue de cette gloire immortelle que la philosophie conduira la société, divisée en trois classes, les magistrats, les guerriers et le peuple. Les magistrats seront sages par excellence; les guerriers défendront la patrie; le peuple s'appliquera surtout à l'agriculture, méprisera les métiers et les arts mercenaires. Cette division découle de la triplicité des facultés morales; la raison est représentée par les magistrats, le courage par les guerriers, et les passions par le peuple: ainsi passions et peuple, courage .. et soldats, magistrats et raison, voilà la société idéale conçue par Platon. Vous êtes tous frères, dit Socrate aux citoyens de sa république ; mais le Dieu qui vous a formés a fait entrer de l'or dans ceux d'entre vous qui sont propres à gouverner, voilà pourquoi ils sont les plus précieux ; il a mélé de l'argent dans la formation des guerriers, du fer et de l'airain en façonnant les laboureurs et les autres artisans. 'Fort M.èv nang di Toivre; ci by zři roolel, ase).pci loss orocuev zapo; auscus u.uOoncycūve Tes) àK' é bais tolástov, coor vev úvūv izavci özev, zougou ev zh gerege: Guréussy gürcis, dia tlu.!6:9.7clair • önce doétrizcurel, özguper.oifaçev se xai maizou ocis te geopycis zal sci; ).2015 Squecupe geis (1). Alors, dans une déduction subtile et laborieuse, Platon établit un rapport parfait entre l'homme individuel

(1) De Republica, lib. III.

et l'État. Koi Síxolcs ápo. årip, dixalaş Trólews, xoc' QÚTÒ tò trí Siznicouens eidos, cusėv dicioz., asa u.c.es Esta! (1). L'homme et l'État seront justes aux mêmes conditions. La justice de l'âme résultera de l'accord et de la subordination de la raison, du courage et des passions : se 2cylotizÒV, -• Ovu.geldės, à ÉTTEOUW.', Fizóv. La justice de l'État sortira de l'harmonie hiérarchique entre ceux qui pensent et gouvernent (to Boud.eu fixóv), ceux qui défendent la cité (to èTeixoupIxov), et ceux qui l'enrichissent (so zpop. Zolotixóv). La même trinité anime l'âme et la république : xai nuivèTielnūs bu..?.oveitai, ajri ró użo év ómel, τα αυτά δ' εν ενί εκάστω αυτή ψυχή γένη ενείναι και ίσα τον αριθμόν. · Que se passera-t-il dans cet État ainsi constitué? des choses assez singulières. Tout y sera en commun, les biens, les femmes et les enfants. L'État, développant sa pensée philosophique par l'éducation, formant les magistrats, les guerriers et le peuple à leurs différentes vocations, loi et raison universelle, est partout, au sommet, au centre, à la base; il absorbe les individus qui n'empruntent leur valeur que de lui seul; il envahit la famille, il dévore tous les droits de l'humanité; et le despotisme philosophique auquel l'élève Platon en fait, suivant l'expression d'Homère, un véritable mangeur d'hommes, Smu.cbócos B2.51€ús. Pas de propriété; car les membres de l'État ne doivent participer que de lui, ne vivent que d'une vie commune, dénués d'une indépendance qui troublerait l'ordre et l'harmonie. Il faut donc que l'individu n'ait rien en propre, qu'il ignore le tien et le mien, que tous les biens soient communs, appartenant à tous et à personne. Mais le système ne s'arrêtera pas là; car la logique est donnée pour enfanter les erreurs, comme les vérités. Platon passe des biens à l'humanité même, aux femmes et aux enfants ; il est sans pitié ; il les dépouille de leur personnalité, qui est pour ainsi dire leur vêtement et leur robe, et il les livre nus et dégradés à cette impitoyable communauté qui doit en faire comme un patrimoine social. Il faut chercher

(1) De Republica,'lib. IV.

dans la République même les détails et les combinaisons de ce mélange, délire de la métaphysique platonicienne (1). Il est donc vrai que c'est seulement au début du monde moderne, sous la double influence du christianisme et des mæurs germaniques, que l'humanité a eu le sentiment profond et unanime de l'individualité humaine, puisque le spiri. tualiste et mystique Platon méconnait le caractère sacré de la femme, son égalité naturelle avec l'homme, l'individualité du père transmise aux enfants, et se montre aussi ignorant que le dernier esclave païen sur les droits les plus chers à la nature humaine.

Socrate, à la fin du quatrième livre, avait parlé des diverses formes de gouvernement; mais Adymante et Polémarque l'avaient interrompu et l'avaient engagé dans une longue digression sur les philosophes, la philosophie et le souverain bien. Au commencement du huitième livre, Glaucon rappelle à Socrate qu'il n'a pas expliqué sa pensée sur les formes de gouvernement, et celui-ci se met en devoir de satisfaire son interlocuteur.

Il n'était ni dans les convenances, ni dans la méthode de la philosophie de Platon d'exposer directement, sans détours et sans voile, la supériorité du gouvernement monarchique. Aussi le philosophe établit un rapport entre cinq espèces de caractères de l'homme et cinq espèces de gouvernements politiques. L'aristocratie ou la royauté, car Platon les confond, correspondent à l'homme qui sait triompher de toutes ses passions, obéit à la raison et déploie un caractère véritablement royal ; le gouvernement timocratique, à l'homme possédé d'une ambition politique qui peut être utile à son pays; l'oligarchique, à l'homme qui descend de l'ambition à l'amour des richesses et à l'avarice; le démocratique, à celui qui fait de la liberté, ou plutôt de la licence, son idole et s'abandonne sans frein à ses désirs; enfin, la tyrannie est comparée à un pauvre jeune homme que le tumulte de ses passions précipite dans le plus complet esclavage, qui devient leur jouet, se débat dans une impuissance douloureuse, , sous une domination qui ne lui laisse pas la disposition de lui-même. Allant continuellement de l'État à l'homme moral et de l'homme à l'État, Platon est conduit par cette indus-· trieuse analogie à conclure la supériorité du gouvernement monarchique. « Voulez-vous, dit Socrate, que nous fassions « venir un héraut, ou que je publie moi-même à haute voix « que le fils d’Ariston a déclaré le plus heureux des hommes « celui qui est le plus juste et le plus vertueux, c'est-à-dire « celui qui est vraiment maître de lui-même, et qui se gou« verne selon les principes de l'État monarchique ; qu'il a « jugé que le plus malheureux était celui qui est le plus in«juste et le plus méchant, c'est-à-dire celui qui, étant d'un « caractère très-tyrannique , exerce sur lui-même et sur les « autres la plus cruelle tyrannie (1) ? » Quelle est la conséquence naturelle à déduire de cette morale, si ce n'est que la meilleure forme de gouvernement est l'État monarchique? Platon craignait peut-être de le dire expressément, mais il ose le laisser entrevoir. Il faut remarquer aussi qu'il accouple la monarchie et l'aristocratie. « Je comprends ces « deux noms sous une seule forme de gouvernement, parce a que, soit que le commandement soit entre les mains d'un « seul ou les mains de plusieurs, on ne changera rien aux « lois fondamentales de l'État, tant que les principes d'é« ducation que nous avons donnés y seront en usage (2). » Il est vraisemblable que Platon, dans un traité tout à fait

1) Livre V : « Les gardiens (hommes ou femmes) se chargeront de la « nonrriture des enfants, conduiront les mères au bercail, tant qu'elles a auront du lait, et feront en sorte qu'aucune d'elles ne puisse recona naitre son enfant. » [lão mv punyavdiv P.riyavcu.ave: 770sporidep.io. to quits qish OETI:.

(1) Lib. IX.

(2) Fin du livre IV. Je me sers, dans les citations de la République, ce la traduction de Gron, dont l'excellent travail sur les lois vient d'être reproduit et révisé par M. Cousin.

politique, ait trouvé prudent de confondre l'aristocratie et la royauté, soin qu'il avait négligé dans le Politique. Mais toujours ni Lacédémone, ni la Crète, ni Lycurgne, ni Minos, ne sont pour lui le type idéal de sa philosophie. A ses yeux, ils ne sont à vrai dire que minima de malis. Il s'autorisait de l'exemple de Sparte et de la Crète, ou l'autorité plus concentrée se rapprochait quelque peu de cette dictature philosophique qui lui était si chère; mais il rêvait un autre gouvernement, il révait l’Orient avec sa théocratie et son spiritualisme.

Voilà déjà, ce me semble, assez d'innovations, et cependant il s'en rencontre de plus contraires encore au génie de la Grèce. C'était peu de proscrire philosophiquement la démocratie; Platon s'élève contre la religion nationale et soumet sa république idéale à une inspiration religieuse étrangère à son pays. C'est un lieu commun que Platon a banni Homère et les poètes de sa république. Mais pourquoi cette exclusion ? parce que les poëtes représentent les dieux remplis de passions, et les hommes suivant leur exemple; parce que les poëtes amollissent les âmes, les corrompent par l'imitation dramatique des malheurs, des vices et des crimes de l'humanité, loin de les fortifier et de les retremper par des poésies vigoureuses sans mollesse et sans volupté. «Ainsi, mon cher Glaucon, dit Socrate, lorsque « vous entendrez dire aux admirateurs d'Homère que ce « poëte a formé la Grèce, qu'on apprend en le lisant à se « gouverner et à se bien conduire dans les événements de la « vie, et qu'on ne peut rien faire de mieux que de se régler « sur ses préceptes, il faudra avoir toutes sortes d'égards et « de complaisances pour ceux qui tiennent ce langage, croire « qu'ils travaillent autant qu'il est en eux à devenir gens de « bien, et leur accorder qu'Homère est le plus grand des a poëtes et le premier des poëtes tragiques. Mais, en même « temps, souvenez-vous qu'il ne faut admettre dans notre réa publique d'autres ouvrages de poésie que les hymnes en

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