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leurs avantages, condamner sévèrement leurs inconvénients. S'il a quelque penchant pour Lacédémone, il en voit toutefois les causes de corruption et de décadence. Quand il parle d'Athènes, il n'est pas fâché de pouvoir la blâmer ; il ne l'aimait pas, et il avait coutume de dire que les Athéniens, qui avaient trouvé à la fois les lois et le blé, se servaient bien du blé, mais non pas des lois (1).

Avant d'arriver à sa politique, constatons en passant que, s'il a combattu la théorie des idées de Platon, il n'en a pas moins séparé tout à fait l'intelligence de la sensibilité; les formes constitutives de l'entendement, de ses applications particulières ; la nécessité, de la contingence; la science, de l'opinion ; le général, du particulier ; et qu'il a écrit de la manière la plus explicite, dans son Organum (2) et dans sa

(1) Πολλάκις δε και αποτεινόμενος, τους Αθηναίους έφασκεν ευρηκέναι πυρούς και νόμους· αλλά πυροίς μέν χρήσθαι, νόμοις δε μή. (Diog. Laërt., Aristoteles, lib. V, cap. 1, X1.)

(2) Dans ses Analytiques, Aristote part de la description du syllogisme, examine ses espèces, ses conditions dans ces différentes espèces ; puis il considère les conditions mêmes de la science et de la démonstration; les différences qui les séparent, comment la démonstration a, au-dessus d'elle, des principes nécessaires dont elle découle. Les principes eux-mêmes ichappent à la dénionstration. Théorie de la causalité. Excellence de la méthode a posteriori, qui remonte a singularibus ad universalia. Rela-tion de la cause à l'effet. Origine de la connaissance des principes. Là, le Stagyrite sépare la science tant de l'opinion que de l'intelligence ellemême, source dernière, mode dernier de tous les principes. Je citerai ses dernières paroles : Επει δε των περί την διάνοιαν έξεων, αίς αληθέυομεν, αι μεν αει αληθείς εισιν αι δε επιδέχονται το ψεύδος, οίον δοξα και λογισμός αληθή δ' αεί επιστήμη και νούς· και ουδέν επιστήμης ακριβέστερον άλλο γένος, ή νoύς: αι δ' αρχαι των αποδείξεων γνωριμώτεραι· επιστήμη δ' άπασα μετά λόγου εστί : των αρχών επιστήμη μέν ουκ αν είη. Επει δ' ουδέν αληθέστερον ενδέχεται είναι επιστήμης, ή νούν, νους αν είη των αρχών: έκ δε τούτων σκοπούσι, και ότι αποδείξεως αρχή ουκ απόδειξις • ώστ' ουδ' επιστήμης επιστήμη. Ει ούν μηδέν άλλο παρά επι-. στήμην έχομεν γένος αληθές, νούς αν είη επιστήμης αρχή. Και η μεν αρχή

métaphysique, une véritable critique de la raison. Il vit même dans l'intelligence une identité avec Dieu, et dans la spéculation la jouissance la plus pure et la plus haute de l'homme. Hegel, à la fin de son Encyclopédie, relève cette métaphysique, qui met la vie dans la pensée et la pensée dans Dieu : Tảorò; xa: ver::v..... ì 6 ta cò Starcy xa: 4 6cv (1)... Mais c'est en vertu même de l'observation qu'Aristote a décrit tout ce que l'esprit humain a d'intellectuel : il a la gloire d'avoir également observé l'homme intérieur, le monde de l'histoire et la nature. Il ne limitait pas l'expérience aux explorations des sciences naturelles ; la moralité sociale lui paraissait pouvoir être étudiée avec autant d'exactitude que l'organisme physique. De même qu'il avait rassemblé pour son histoire naturelle tous les matériaux qu'il avait pu arracher à la nature, il avait recueilli pour sa politique cent cinquante-huit constitutions des différents États de la Grèce et de l'Italie ; selon Diogène Laërce (2), il avait, comme dans un catalogue méthodique, classé à part les

της αρχής είη άν· η δε πάσα ομοίως έχει προς το άπαν πράγμα. (Analit. post., lib. II, édit. Bip. Buhle, t. II, p. 620, 621.)

Voici la suite des déductions péripatéliciennes.

1. Entre les formes et les conditions à travers lesquelles nous percevons le vrai, les unes sont toujours vraies, les autres se tachent de mer:songe. Les premières sont la science et l'intelligence, les secondes l'opinion et le raisonnement.

2. Dans l'ordre scientifique, l'intelligence est ce qu'il y a de plus sûr et de plus exact.

3. Les principes sont plus faciles à connaître que les démonstrations. 4. Le principe de la démonstration n'est pas la démonstration même. 5. Le principe de la science n'est pas la science. 6. C'est l'intelligence qui est le principe même de la science.

On est donc fondé à estimer que la véritable philosophie d'Aristole fut un idéalisme réaliste qui s'appuyait sur l'observation et sur les faits fournis par la sensation, mais qui partait des conditions mêmes et des lois de l'esprit.

(1) Metaphys., XI, vii.
(2) Diog. Laërt., Aristoteles, lib. V, cap. 1, xli.

constitutions démocratiques, les oligarchiques, les aristocratiques et les tyranniques : tant Aristote n'affirmait qu'après avoir tout comparé! tant il voulait préluder par la vue directe de tous les faits aux conclusions théoriques de sa philosophie sociale!

Il nous reste pour l'apprécier sa Morale et sa Politique. Plus réel et plus profond que Platon, il ne confond déjà plus la législation avec un mysticisme spéculatif et novateur : il veut bien fonder sa politique sur la morale pratique, mais il l'en distingue ; il réunit les deux sciences au même centre, mais il les suit à part dans leurs développements, et trace leurs limites avec une ferme précision.

Commençons par la Morale. Quel est le bien que nous nous proposons en toutes choses ? c'est la fin. Que veut le médecin, si ce n'est guérir son malade? l'orateur, persuader son auditoire ? Dans chaque chose l'homme se propose un bien qui en est la fin particulière. Mais n'y a-t-il pas une fin générale que se proposent les hommes dans les différentes actions auxquelles ils se livrent, outre le dénoûment d'un fait isolé? La dernière fin de toute action n'est-elle pas le bonheur, que nous poursuivons à travers des routes différentes pour arriver au même but?

Qu'est-ce donc que le bonheur? Pour le savoir, cherchez quelle doit être ici-bas l'æuvre de l'homme, et pourquoi il est mis en ce monde. Il doit développer son activité conformement à la raison dans la direction de la vertu ; et, quand il a rempli ce devoir, il est à la fois vertueux et heureux. Il s'est développé ; il se trouve un homme complet et carré, selon l'énergie de l'expression grecque, Tetpáyoncs ámp. Cependant il est à cette heureuse destinée une condition étrangère; ce sont les biens extérieurs dans une certaine mesure, et le bon sens pratique d'Aristote fait consister le bonheur dans l'harmonie convenable de la vertu et des biens extérieurs. Maintenant, qu'est-ce que la vertu, cette condition fondamentale du bonheur qui se confond avec lui, et qu'en séparera plus tard l'austérité du Portique? Quand l'artiste exécute son ouvre, il espère, en le présentant à la sympathie et à l'admiration de ses semblables, que son juge, la foule, ne voudra rien en ôter, rien y ajouter; il cherche à se sauver de l'excès comme de l’ellipse, et à rencontrer l'harmonie dans le milieu. De même la vertii, supérieure aux arts, plus parfaite, se proposera comme la nature d'atteindre un milieu harmonique : ads åçets, créons TÉXVY5 àxp16:Grépa xai ducivoy éotiv, őstep mod n quois,

peocu äv sin 05174071xń (1). La vertu, ainsi définie dans son caractère général, engendre des vertus, les unes intellectuelles, les autres morales, les unes résultat de l'intelligence, les autres produit des mæurs; car Aristote distingue dans l'homme les affections, les facultés et les habitudes. Je laisse l'énumération détaillée des différentes vertus. Je signale seulement en passant la théorie de la volonté et de l'imputabilité morale, chose nouvelle pour la philosophie antique ; et j'arrive à la justice, qui, dans son expression la plus générale, est la vertu appliquée dans nos rapports avec les autres. Mais qu'est-elle spécialement? elle consiste dans l'égalité.

C'est ici qu'il faut considérer les procédés de la pensée aristotélicienne. Partant de ce fait que, dans toute action où il peut y avoir du plus et du moins, il doit y avoir aussi une égalité possible, et que, si on appelle injuste ce qui s'écarte de cette égalité, le juste sera ce qui y est conforme, Aristote conclut que le juste doit être nécessairement un milieu, une égalité par rapport à des choses et à des personnes. La justice consiste donc dans une sorte de proportionnalité, et le caractère de l'injustice, c'est le défaut de proportion; car, dès lors, ou il y aura plus, ou il y aura moins qu'il ne faut. Pour Aristote, pour Platon, qui, dans le sixième livre de ses Lois, passe par les mêmes détours, pour Bodin, qui reproduisit au seizième siècle la mème théorie (2), le juste est le

(1) Morale, liv, II, cap. vi, pag. 39, édition Coray.
(2) Introduction générale à l'Histoire du Droit. Bodin, chap. vi.

juste, parce que c'est un terme moyen entre deux termes, une proportion géométrique, un reflet des nombres pythagoriciens ; la justice est un partage égal : dixolov, qui signifie juste, exprime ce qui est partagé en deux, et dixcotus, juge, celui qui fait le partage. Il n'y a pas là un sentiment intime, di. rect et psychologique du droit et du juste ; c'est la déduction d'une logique mathématique.

Toutefois, Aristote se débarrasse de ces liens géométriques pour revenir à la réalité; il distingue la justice sociale en justice naturelle et justice légale; il reconnait que la justice naturelle est partout la mème et toujours indépendante des opinions et des décrets de la société, tandis que la justice légale ne doit son existence qu'aux prescriptions des lois. On ne peut séparer plus nettement ce que la légalité politique a d'arbitraire et de transitoire d'avec la justice naturelle dans ce qu'elle a d'incorruptible et de général. Le philosophe termine sa Morale par une théorie détaillée des sentiments moraux ; les affections du caur et de famille et l'amitié y sont décrites avec une douceur qui vous charme de la part de ce génie sévère.

La Politique se partage en huit livres. Vous trouverez dans le premier la théorie de l'esclavage et de la sociabilité. Le second est lout critique. Aristote y examine les théories de Platon et de quelques autres philosophes. Il y observe les constitutions de Sparte, de la Crète et de Carthage. Dans le troisième livre, il pose le principe fécond et nouveau que la société doit être instituée pour l'avantage du grand nombre; il reconnaît en même temps que l'État se compose de différentes parties, et que la variété est de son essence. Il distingue trois espèces de gouvernement : la monarchie, l'arislocratie et la république (Toodeteia). Ces trois espèces en enfantent trois autres : la royauté produit la tyrannie; l'aristocratie, l'oligarchie ; la république, la démocratie. Ce n'est pas assez : ces six espèces se subdivisent en d'autres plus dégénérées encore, et Aristote consacre le troisième et le qua

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