Une sur les 52 de M. Émile de Girardin

Chez tour les libraires, 1851 - 243
 

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180 - Il faut donc la force publique un agent propre qui la runisse et la mette en uvre selon les directions de la volont gnrale, qui serve la communication de l'État et du souverain, qui fasse en quelque sorte dans la personne publique ce que fait dans l'homme l'union de l'me et du corps.
29 - La proprit, c'est le vol! il ne se dit pas, en mille ans, deux mots comme celui-l. Je n'ai d'autre bien sur la terre que cette dfinition de la proprit : mais je la tiens plus prcieuse que les millions des Rothschild, et j'ose dire qu'elle sera l'vnement le plus considrable du gouvernement de Louis-Philippe.
48 - Il n'y a qu'une base, Madame, la nature des choses et des hommes. Fort bien ; mais quand on veut donner des lois un peuple, quelles rgles peuvent plus srement indiquer celles qui conviennent le mieux ? Donner ou faire des lois, Madame, c'est une tche que Dieu n'a laisse personne. Eh ! qu'est-ce que l'homme pour se croire capable de dicter des lois des tres qu'il ne connat pas ou qu'il connat si mal?
20 - N'hsitons pas le dire, s'il est des choses qui doivent tre accomplies par la grande unit sociale ou nationale, il en est d'autres, en beaucoup plus grand nombre, qui doivent tre faites par des units collectives d'un ordre infrieur, par l'unit dpartementale, par l'unit communale, par l'unit des associations industrielles et commerciales, par les nombreuses units de familles, et surtout par les units isoles, par les innombrables units individuelles. Il ne suffit pas qu'une...
20 - ... communale, par l'unit des associations industrielles et commerciales, par les nombreuses units de familles, et surtout par les units isoles, par les innombrables units individuelles. Il ne suffit pas qu'une grande nation, pour tre vraiment grande et vraiment une, sache agir nationalement; il faut aussi, et avant tout, que les hommes dont elle se compose soient actifs et expriments comme individus, comme familles, comme associations, comme communauts d'habitants, comme provinces....
178 - Toute action libre a deux causes qui concourent la produire : l'une morale, savoir: la volont qui dtermine l'acte; l'autre physique, savoir: la puissance qui l'excute. Quand je marche vers un objet, il faut premirement que j'y veuille aller; en second lieu, que mes pieds m'y portent. Qu'un paralytique veuille courir, qu'un homme agile ne le veuille pas, tous deux resteront en place.
15 - N'y auroit-il donc que l'avarice et la volupt capables de remuer le cur humain? Pourquoi l'amour des distinctions, de la gloire et de la considration, ne produiroit-il pas de plus grands effets que la proprit mme?
63 - Vous trouvez qu'elle est un mal hideux? ajoutez qu'elle est un mal ncessaire. Plus l'humanit, dans son dveloppement, avait redouter l'effet de certains vices, et plus il tait essentiel qu'ils fussent entours de maux capables de l'en dtourner. Il est bon qu'il y ait dans la socit des lieux infrieurs o soient exposes tomber les familles qui se conduisent mal, et d'o elles ne puissent se relever qu' force de se bien conduire. La misre est ce redoutable enfer.
63 - Il va jusqu' faire de la misre cette apologie : il est bon qu'il y ait dans la socit des lieux infrieurs, o soient exposes tomber les familles qui se conduisent mal, et d'o elles ne puissent se relever qu' force de se bien conduire : la misre est ce redoutable enfer...
179 - Comme la nature donne chaque homme un pouvoir absolu sur tous ses membres, le pacte social donne au corps politique un pouvoir absolu sur tous les siens, et c'est ce mme pouvoir qui dirig par la volont gnrale , porte, comme j'ai dit , le nom de souverainet.