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de matières, et qu'elle avait toujours employé dans le gouvernement de l'état.

Il fut donc mandé sur - le - champ, et parla au roi avec une liberté véritablement prophétique. Il le fit souvenir de la manière terrible dont Dieu avait puni l'orgueil de son grand-père Nabuchodonosor ', et l'abus criant qu'il faisait de sa puissance, ne reconnaissant d'autre loi que sa volonté, et se croyant le maître d'élever l'un, d'abaisser l'autre, de ruiner celui - ci, de faire mourir celui-là, uniquement parce que tel était son bon plaisir. « Loin de profiter de son exemple, dit - il au « roi, vous qui êtes son fils, vous avez affecté d'en« cherir sur son orgueil et sur son impieté. Vous vous « êtes elevé contre le dominateur du ciel; vous avez « fait apporter devant vous les vases de sa maison « sainte, et vous avez bu dedans, vous, vos femmes et « vos concubines, avec les grands de votre cour. Vous « avez rendu un hommage public de louange et d'hon« neur à vos dieux d'or et d'argent, de bois et de pierre, « qui ne voient point, qui n'entendent point, qui ne « sentent point; et vous n'avez point rendu gloire au « Dieu qui tient votre souffle dans sa main, et qui est « le maître de toutes vos actions et de tous les moments « de votre vie. C'est pour cela que Dieu a envoyé les « doigts de cette main qui a écrit ce qui est marqué sur « la muraille. Or voici ce qui est écrit : * Mané ', « Thecel, Phares, et en voici l'interpretation : Mané', « Dieu a compté les jours de votre règne, et il en a « marqué la fin; Thecel, Vous avez ete pesé dans la i

1 « Quo» volebat, interfic'uliat; lebat, humiliai.ai. » (dan. 5, 19. ) et quos volebat, percutiebat; et * Ces trois mots signifient nom

quos volebat, exaltabat; et quos vo- bre, poids, division.

« balance et on vous a trouvé trop léger; Phares , « votre royaume a été divisé, et il a été donné aux « Mèdes et aux Perses. » Cette interpretation devait encore augmenter le trouble, mais on se rassura , apparemment sur ce que le malheur n'etait pas annoncé comme présent, et que l'avenir pourrait fournir des expédients pour le détourner. Ce qui est certain, c'est que, la crainte de troubler une joie universelle et présente ayant fait renvoyer la discussion des affaires sérieuses à un autre temps, on se remit à table, et l'on poussa la débauche fort avant dans la nuit.

Cependant Cyrus, bien informé de la confusion que cyrop. i. -, cette fête avait coutume de répandre dans le palais et p' ,s9'19' dans la ville, avait posté une partie de ses troupes à l'endroit où le fleuve entrait dans la ville, et l'autre partie à celui où il en sortait, et leur avait commandé d'entrer cette nuit dans la ville par le lit du fleuve dès le moment qu'ils le trouveraient guéable. Après avoir donné tous les ordres nécessaires, et exhorté les officiers à le suivre, en leur représentant qu'il marchait sous la conduite des dieux, il fit ouvrir sur le soir la tranchée des deux côtés de la rivière, au-dessous et au-dessus de la ville, afin d'y faire écouler les eaux: par ce moyen le lit de l'Euphrate se trouva bientôt à sec. Alors les deux corps de troupes, selon leurs ordres, s'y jetèrent, conduits, l'un par Gobryas et l'autre, par Gadatas, et s'avancèrent sans trouver d'obstacle. Le guide invisible , qui avait promis à Cyrus de lui ouvrir toutes les portes, s'était servi de la négligence et du désordre qui régnaient par-tout pendant cette nuit de dissolution, pour laisser ouvertes les portes d'airain qui fermaient les descentes du quai vers le fleuve , qui

seules auraient pu faire échouer son entreprise. Ainsi ces deux corps de troupes pénétrèrent jusque dans le coeur de la ville sans trouver de résistance, et s'étant rencontrés au palais royal comme ils en étaient convenus, surprirent la garde et la mirent en pièces. Ils se jetèrent aussitôt dans le palais, dont quelques-uns de ceux qui étaient au-dedans avaient ouvert les portes pour savoir d'où venait le bruit qu'on entendait. Ils s'en rendirent les maîtres; et ayant rencontré le roi, qui venait à eux, l'épée à la main, à la tête de ceux qui s'étaient trouvés à portée de le secourir, ils le tuèrent, et firent main-basse sur tous ceux qui l'accompagnaient. Le premier soin des vainqueurs fut de remercier les dieux d'avoir enfin puni ce roi impie. Cette remarque de Xénophon mérite d'être pesée, et elle s'accorde merveilleusement avec tout ce que l'Ecriture nous dit de l'impie Baltasar. An.M.34^6 A la prise de Babylone finit l'empire babylonien,

At. J.C. 538. , i-i i

apres avoir dure 210 ans depuis le commencement du règne de Belésis. Par là fut anéantie la puissance de cette ville superbe, cinquante ans précisément après qu'elle eut détruit Jérusalem et son temple. Par là furent accomplies les prédictions qu'Isaïe, Jérémie et Daniel avaient prononcées contre elle, comme on l'a vu par tout ce qui a été rapporté jusqu'ici. Il en reste une, la plus importante de toutes, la plus incroyable, et celle néanmoins qui est marquée dans l'Ecriture de la manière la plus précise et la plus forte; prédiction accomplie à la lettre dans tous ses points, et dont la preuve est actuellement subsistante, la plus facile à vérifier, et la plus incontestable. C'est la prédiction de la ruine totale et entière de Babylone, en sorte qu'il n'en doit pas rester le moindre vestige. Je crois devoir exposer l'accomplissement de cette fameuse prophetie, avant que de passer à ce qui suivit la prise de Babylone.

$ III. Accomplissement de la prophétie qui prédisait la ruine totale de Babylone 1.

Cette prédiction se trouve dans plusieurs prophètes, mais sur-tout Jans Isaïe, chap. i3, depuis le verset 19 jusqu'au 22, et chap. i4, versets 23 et Je l'ai rapportée dans son entier ci-devant, p. 168. Il y est marqué que Babylone sera entièrement détruite , comme le furent autrefois les villes criminelles de Sodome et de Gomorrhe : qu'elle ne sera plus habitée: qu'on ne la rebâtira jamais : que les Arabes n'y dresseront pas même leurs tentes, et que les pasteurs n'y viendront point pour y faire reposer leurs troupeaux: qu'elle deviendra la retraite des bêtes sauvages et des oiseaux nocturnes : qu'un marais couvrira le lieu qu'elle avait occupé, en sorte qu'il ne restera pas même de vestiges de l'endroit où elle aura été. C'est Dieu même qui avait prononcé cet arrêt, et il est utile à la religion de vérifier avec quelle exactitude chaque article en a été successivement accompli.

I. Babylone perdit d'abord la qualité de ville royale. Les rois de Perse lui préférèrent un autre séjour. Suse, Ecbatane, Persépolis, toute autre demeure leur plut davantage ; et eux-mêmes ruinèrent une partie de la ville.

II. Strabon* et Pline 3 nous apprennent que lesMacé- A». M 388o

i La matière de ce § a été reprise texte : À».« xai Ta Xciirà ùliytafrfln,

et développée dans un mémoire très- xarr'ptiil(av riiç irsXtu( , T*

érudit de M. de Sainte-Croix. (Aca- p,v 0î rUpoat, rit i y.fo'vsç ,

dem. des lnscript. tome XLVIII. ) KCù îS Maxe■Sovt,>v oXiywfia iepi Ta

— L. TotaûTa. — L.

» Strab. 1. 16, p. 738.= Voicile 3 « In solitudi/iem rediit exhausta

doniens, qui succédèrent aux Perses, non - seulement la négligèrent et ne furent occupés ni du soin de l'embellir ni de celui de la réparer, mais qu'ils affectèrent même de bâtir dans son voisinage Seleucie , pour la faire abandonner, et pour lui ôter ce qui lui restait d'habitants. Il n'y a rien de plus propre à expliquer ce que le prophète avait prédit : non habitabitur. Ses propres maîtres s'appliquent à la rendre déserte.

III. Les nouveaux rois de Perse qui devinrent maîtres de Babylone achevèrent de la ruiner en bâtissant' Ctésiphon, qui lui enleva ce qui lui restait d'habitants; et il semblait que, depuis qu'elle avait été frappée d'anathême, ceux qui devaient être ses protecteurs devenaient ses ennemis, et que tous croyaient être chargés du soin de la réduire' en solitude, mais par des voies indirectes, et sans employer la violence, afin qu'il fût plus manifeste que c'était la main de Dieu plutôt que celle des hommes qui s'appliquait à l'anéantir.

IV. Elle fut si universellement abandonnée, qu'il ne resta plus que l'enceinte de ses murailles; et elle était

An.j.c.96. réduite à cet état au temps que Pausanias a écrivait ses remarques sur la Grèce. llla autem Babylon, omnium quas unquam sol aspexit urbium maxima, jam preeter muros nihilhabet reliqui^. Pausan. in Arcad. pag. 509.

V. Les rois de Perse, la vovant déserte, en firent un parc, où ils enfermèrent des bêtes sauvages pour

vicinitate Seleuciae, ob id conditae a 2 I l écrivait sous Antonin , suc

Nicatore intra nonagesimum ( ou cesseur d'Adrien,

quadragesimum) lapidem. » (plin. I. i Voici le texte grec : BaëuXûvoç

6, cap. 26.) £è raûrnç tivrivot tl^i Ttcxêwv Twv

i«ProillaSeleuciam et Ctesiphon- Tot« u.i^î<JTr)t r.Xtoç , citait izi fy

tem tnlics Persarum inclytas fece- tt jz»i Tttycç. {Arcad. § 33.) —L. runt... ( S. Hieron. in cap. 13 Isai. )

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