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dents de fer; elle dévorait, elle mettait en pièces, et foulait aux pieds ce qui restail. Du milieu des dix cornes qu'elle avait en sortit une petite, qui avait les yeux d'un homme, et une bouche qui disait de grandes choses, et cette corne devint ensuite plus grande que les autres : elle faisait la guerre contre les saints, et avait l'avantage sur eux, jusqu'à ce que l'Ancien des jours, c'est-à-dire l'Eternel, s’etant assis sur son trône environné de mille millions d'anges, prononça un jugement irrévocable sur ces quatre bêtes, dont il avait marqué la durée, et donna au Fils de l'homme puissance sur tous les peuples et toutes les tribus, mais une puissance éternelle qui ne lui sera point ôtée, et un royaume qui ne sera jamais détruit.

On convient que les differents métaux dont la statue était composée, et les quatre bêtes sorties de la mer, signifiaient autant de monarchies différentes qui se succéderaient les unes aux autres, dont les premières seraient détruites par les suivantes, et qui toutes feraient place à l'empire éternel de Jésus-Christ, pour lequel seul elles avaient subsisté. On convient aussi que ces quatre monarchies sont celles des Babyloniens, des Perses et des Mèdes unis ensemble, des Macédoniens , et des Romains". L'ordre seul de leur succession en est une preuve bien certaine. Mais où Daniel voit-il cette succession et cet ordre ? Qui lui découvrait le changement des empires, sinon 2 celui qui est le maître des temps et des monarchies, qui a tout réglé par ses décrets, et qui en donne la connaissance à qui il lui plaît par une lumière surnaturelle?

Quelques interprètes mettent à la place des Romainsles rois de Syrie et

d'Egypte, successeurs d'Alexandre.

? « Ipse muiat tempora et ætates, transfert regna atque constituit. Ipse revelat profunda et abscondita , et lux cum eo est. » (Dan. 2, 2 1 et 22.)

Ce prophète, dans le chapitre suivant, parle encore d'une manière plus détaillée et plus précise; car, après avoir marqué la monarchie des Perses et celle des Macedoniens sous la figure de deux bétes, il s'explique ainsi clairement : Le bélier, qui a deux cornes iné- Dan. cap. 8. gales , represente le roi des Mèdes et des Perses , le bouc qui le renverse et le foule aux pieds est le roi des Grecs; et la grande corne que cet animal a sur le front représente le premier auteur de cette monarchie. Comment Daniel a-t-il vu que l'empire des Perses serait composé de deux nations différentes , Mèdes et Perses, et que cet empire serait détruit par celui des Grecs ? Comment Daniel a-t-il connu la rapidité des conquêtes d'Alexandre , qu'il marque si dignement en disant qu'il ne touchait pas la terre: non tangebat terram ? Comment a-t-il appris qu'Alexandre n'aurait aucun successeur qui lui fût égal, et que le premier auteur de la monarchie des Grecs serait aussi le plus puissant?

Mais quelle autre lumière que celle de la révélation divine'a pu lui découvrir qu'Alexandre n'aurait point' de fils qui lui succédât; que son empire se démembrerait en quatre principaux royaumes; que ses successeurs seraient de sa nation, et non de son sang; et qu'il y aurait dans les debris d'une monarchie formée en si peu de temps de quoi composer des états, dont les uns seraient à l'orient, les autres au couchant, les uns au midi, et les autres au septentrion?

on

en

1 « Surget rex fortis, et dominabitur potestate multà; et dividetur tegnum ejus in quatuor ventos coli,

sed non in posteros ejus, neque secundùm potentiam illius qui dominatus est. » (Dan. 11, 3 et 4.)

« Quatuor reges de gente ejus consurgent, sed non in fortitudine ejus. » (Dan. 8, 22.)

5-45.

Le détail des faits prédits dans la suite des chapitr huitième et onzième n'est pas moins étonnant. Con ment Daniel, qui vivait sous Cyrus, a-t-il pu predire' que le quatrième 9 de ses successeurs assemblerait toutes ses forces contre la Grèce ? Comment ce prophète, qui était si éloigné du temps des Machabées, a-t-il pu marquer en particulier toutes les persécutions d'Antiochus contre les Juifs; la manière dont il abolirait le sacrifice qui s'offrait tous les jours dans le temple de Jérusalem; la profanation qu'il ferait de ce lieu

saint en y établissant une idole, et la vengeance que Dan. 11,

Dieu en tirerait ? Comment a-t-il pu, dans la première année du règne des Perses, prédire les guerres que se feraient les successeurs d'Alexandre dans les royaumes de Syrie et d'Égypte, leurs invasions mutuelles, leur peu de sincérité dans leurs traités, leurs alliances par des mariages qui ne serviraient qu'à couvrir l'artifice?

Je laisse au lecteur intelligent et religieux le soin de

tirer la conclusion qui suit naturellement de ces prédicS. Hieron. tions de Daniel , si claires et si précises, que Porphyre,

l'ennemi déclaré du christianisme, n'a pu trouver d'autre moyen d'en contester la divinité qu'en prétendant qu'elles avaient été faites après coup, et sur le passé plutot que sur l'avenir.

Avant que de terminer l'article des propheties de Daniel, je prie le lecteur de faire attention au contraste que le Saint-Esprit met entre les empires du monde et l'empire de Jesus - Christ. Dans les premiers , tout paraît grand , éclatant, magnifique. La force, la puis

in Proæm. adComment.

in Dan.

1 « Ecce adhuc tres reges stabunt in Perside : et quartus ditabitur opibus nimiis super omnes, et conci

tabit omnes adversùm regnum Græciæ. » (Dan. 11, 2.)

. Xerxes.

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au - debe

nce, la gloire, la majesté semblent en être l'apanage. yn y reconnaît aisement ces grands guerriers, ces fameux conquérants, ces foudres de guerre, qui portaient par-tout la terreur, et à qui rien ne résistait. Mais ce sont des bêtes féroces, des ours, des lions, des leopards , qui ne savent que déchirer, que devorer, que détruire. Quelle image! quelle peinture et combien nous apprend - elle à rabattre de l'idee que nous nous formons ordinairement et des empires et de ceux qui les fondent ou les gouvernent!

C'est tout le contraire dans l'empire de Jésus-Christ. Qu'on en considère l'origine et la naissance, qu'on en étudie avec soin les suites et les progrès dans tous les temps, et l'on reconnaîtra que l'un de ses caractères dominants est au-dehors la petitesse, la faiblesse , et même , s'il est permis de le dire, la bassesse. C'est le levain de la påte, c'est le grain de sénevé, c'est la petite pierre détachée de la montagne. Et cependant il n'y a de véritable grandeur que dans cet empire : le Verbe éternel en est le fondateur et le roi; tous les trones de la terre viennent rendre hommage au sien et s'abaisser devant lui. Le but de son règne est de sauver les hommes, de les rendre éternellement heureux, et de se former un peuple de saints et de justes qui soient tous autant de rois et de conquérants. Le monde entier ne subsiste que pour eux; et quand le nombre en sera rempli, « alors, dit saint Paul, 1 Cor. 15. « viendra la fin et la consommation de toutes choses, « lorsque Jésus-Christ aura remis son royaume à son « Dieu et à son père, et qu'il aura détruit tout empire, « toute domination et toute puissance, »

Un écrivain qui voit dans les prophéties de Daniel,

e, s'ile

24

que les divers empires du monde, après avoir duré le
temps que le souverain arbitre des royaumes leur a
fixé, vont tous aboutir et se terminer à l'empire de
Jésus-Christ, peut-il s'empêcher, au milieu de tous ces
objets profanes qui l'environnent, de tourner les yeux
de temps en temps vers ce grand et divin objet , et de
l'envisager toujours , au moins en éloignement, comme
de but et la fin de tous les autres ?
'S III. Dernières années de Cyrus. Mort de ce

prince.

Cyrop. 1.8, Il faut revenir à Cyrus. Egalement aimé de ses sujets p. 233, etc, naturels et des nations conquises, il jouissait en paix

du fruit de ses travaux et de ses victoires. Son empire était terminé à l'orient par l’Inde; au nord par la mer Caspienne et le Pont-Euxin; au couchant par la mer Egée; au inidi par l'Ethiopie et la mer d'Arabie. Il établit sa demeure au milieu de tous ces pays, passant ordinairement sept mois à Babylone, pendant l'hiver, parce que le climat y est chaud; trois mois à Suse, pendant le printemps ; et deux mois à Ecbatane, durant les grandes chaleurs de l'été.

Sept années s'étant ainsi écoulées, Cyrus vint en Perse pour la septième fois depuis l'établissement de sa monarchie : ce qui marque qu'il y allait régulièrement une fois chaque année. Cambyse était mort il y avait deja quelque temps, et lui - même était assez vieux, ayant pour- lors soixante-dix ans, dont trente s'étaient passés depuis qu'il avait été declaré général des Perses, neuf depuis la prise de Babylone, et sept depuis qu'il avait commencé à régner seul après la mort de Cyaxare.

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