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les pensées aussi-bien que les expressions dont il faut les revêtir, mais, ce qui est beaucoup plus important, les réflexions qui doivent les accompagner, et qui sont le fruit principal de l'histoire. Voilà les riches trésors où je puiserai tout ce que j'ai à dire, après que j'aurai passé les premières origines de la Grèce, qui ne peuvent pas être fort agréables, et sur lesquelles je ne ferai que couler légèrement. Mais avant que d'en parler, je crois nécessaire de tracer un plan abrégé de la situation du pays, et des differentes parties qui le composent.

ARTICLE PREMIER. Description géographique de l'ancienne Grèce.

La Grèce ancienne, qui est maintenant la partie méridionale de la Turquie en Europe, était terminée au levant par la mer Egée, dite aujourd'hui l'Archipel; au midi, par la mer de Crète ou de Candie; au couchant, par la mer d'Ionier ; et au nord, par lTllyrie et la Thrace.

Les parties de la Grèce ancienne sont, l'Epire, le Péloponnèse, la Grèce proprement dite, la Thessalie, la Macédoine.

L'ÉPIRE.

Cette province est située au couchant, et séparée de la Thessalie et de la Macédoine par le mont Pindus, et par les monts appelés Acrocerawiii.

Les peuples les plus connus qui l'habitent sont, les Molosses, dont la ville principale est Dodone, célèbre par le temple et l'oracle de Jupiter; les Chaoniens,

'Et la mer de Sicile, entre la Sicile et le Péloponnèse. — L.

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dont la ville est Orique; les Thesprotiens , dont la ville est Buthrotum, où était le palais et la demeure des Pyrrhus; les Acarnaniens, dont la ville est Ambracie, qui donne son nom au golfe. Là se trouve Actium, célèbre par la victoire d'Auguste, qui bâtit vis-à-vis de cette ville, de l'autre côté du golfe, Nicopolis. Il y avait dans l'Épire deux petites rivières fort connues dans la Fable, le Cocyte et XAchéron.

Il fallait que l'Epire fût autrefois bien peuplée, puis- ApudPoiyb. que Polybe dit que Paul Emile, après la défaite de Persée, dernier roi de Macédoine, y détruisit soixante et dix .villes, dont la plus grande partie était des Molosses , et en emmena cent cinquante mille prisonniers.

LE PÉLOPONNÈSE.

C'est une presqu'île qu'on nomme maintenant la Morèe, qui ne tient au reste de la Grèce que par l'isthme de Corinthe, large seulement de six milles. On sait que plusieurs princes * ont tenté inutilement de couper cet isthme.

Ses parties sont : L'achaie proprement dite, dont les principales villes sont Corinthe, Sicyone, Patrœ, etc.; L'elide : c'est là qu'est Olympia, appelée aussi Pisa*, située sur l'Alphée, où se célébraient les jeux olympiques; la Messénie: Messene, Pyle, la ville de Nestor, Corone; L'arcadie : Cylïène, montagne où Mercure prit naissance; Tégée, Stymphale, Mantinée, Mègalopolis, patrie de Polybe; la Laconie : Sparte ou Lacédémone, Amjrclœ; le mont Taygete, la rivière Eurotas, le cap Ténare; I'argolide : Argos, surnommée Hippium, célèbre par le temple de Junon ; Némée, Mycenes, Nauplie, Trézène, Épidaure, où était le tempU d'Esculape.

'Démétrius Poliorcète, Jules Ce- n'était point une ville : on donnait

sar, Cams Caligula, Néron, (plih. ce nom à tout le terrain consacré à

IV, 4 ). — L. Jupiter Olympien, près de la ville

1 II parait en effet d'après les de Pise, qu'on appelait quelquefois

recherches de M. Gail, qu'Olympia Pisa-Olympia.—L.

LA GRÈCE PROPREMENT DITE.

Ses parties principales sont:

L'etoliE : Chalcis, Calydon, Olénus; la Doride; les Locres Ozoliens : Naupacte, maintenant Lépante, connue par la défaite des Turcs en 1571 ; la Phocidf: Anticyre, Delphes, sous la montagne du Parnasse, célèbre par les oracles qui s'y rendaient : là est aussi la montagne iVHélicon1 ; la Béotie : Cylhéron, montagne^ Orchomene, Thespie, Chéronée, illustre par la naissance de Plutarque, Platée, par la défaite de Mardonius; Thebes, Aulide, fameuse par son port, d'où partit l'armée des Grecs pour aller assiéger Troie; Leuctre. par la victoire d'Épaminondas; I'attique : Mégare, Eleusis, Décélie, Marathon, où Miltiade défit l'armee des Perses; Athenes: ses ports étaient, le Pirée, Munychie, Phalère; le mont Hyniette, connu sur-tout par son excellent miel ; la Locride.

LA THESSALIE.

Les villes les plus connues de cette province sont: Gomphi, Pharsale, près de laquelle Jules César remporta une victoire sur Pompée; Magnésie, Méthane, au siége de laquelle Philippe perdit un œil; les Thermopyles, défilé fameux par la vigoureuse résistance de trois cents Spartiates contre l'armée entière de Xerxès,

1 L'Hélicon est en Béotie. — L.

rt par leur glorieuse défaite; Phthie, Thebes de Thessalie, Larisse, Démétriade, les agréables vallons de Tempe sur les bords du Perlée; Olympe, Pélion, Ossa, trois montagnes célèbres dans les fables par le combat des géants.

LA MACÉDOINE.

Je ne rapporterai qu'un petit nombre de ses villes: Èpidamne ou Dyrrachie, maintenant Durazzo; Apollonie1, Pella, capitale du pays qui donna naissance à Philippe, et à son fils Alexandre-le-Grand; Égée, Édesse, Pallene, Olynthe, qui a donné son nom aux Olynthiaques de Démosthène; Torone, Acanthe, Thessaloniqiie, maintenant Salonichi; Stagire, patrie d'Aristote; Amphipolis, Philippes, fameuse par la victoire d'Auguste et d'Antoine sur Brutus et Cassius; Scotuse, Athos, montagne; le fleuve Strymon.

ILES DE LA GRÈCE.

Il y a plusieurs îles adjacentes à la Grèce, fort connues dans l'histoire. Dans la mer Ionienne*, Cor<yre, avec une ville du même nom, maintenant Cor/bu; Céphalfènie et Zacynthe, maintenant Céphalonia et Zante; Ithaque, patrie d'Ulysse, et Dulichie. Près du cap Malêe, vis-à-vis la Laconie, Cythère. Dans le golfe Saronique, Égùie .et Salamine, si fameuse par le combat naval entre Xerxès et les Grecs. Entre la Grèce et l'Asie, les Sporades, les Cyclades, dont les plus

1 Epidamne et Apollonie étaient le nom de mer Ionienne à la mer qui

dans llllviie, et non dana la Macé- borne à l'occid. le continent de la

doine. — L. Grèce : ils l'appelaient mer de Sicile.

'J'ai déja fait observer que le* An- Le nom de mer Ionienne ne s'éten

ciens ne paraissent pas avoir donné dait point au sud de Corcyre. — L. connues sont Andros, Délos, Paros, d'où l'on tirait le plus beau marbre. Plus haut, dans la mer Egée, XEubèe, maintenant Negrepont, séparée de la terre ferme par un petit bras de mer appelé Euripe : la ville la plus connue était Chalcis. En montant vers le septentrion , Scjrus; et beaucoup plus haut Lemnos, maintenant Stalimène, Samolhrace. En descendant, Lesbos, dont la principale ville était Mitjlene, qui a donné à l'île le nom de Mételin, Chios, Scio, vantée par son vin excellent; Sa/nos. Quelques-unes de ces dernières îles sont attribuees à l'Asie.

L'île de Crète, ou de Candie, est la plus grande de celles qui sont voisines de la Grèce; elle a au septentrion la mer Egée ou l'Archipel, et au midi la mer d'Afrique. Ses principales villes étaient, Gortyne, Cjrdon, Gnossus; ses montagnes, Dictée, Ida, Corcyus. Son labyrinthe est connu de tout le monde.

Les Grecs avaient des colonies dans presque toutes ces îles. str»b. 1. 6, Us s'établirent aussi dans la Sicile, et dans une partie pag' 2 ' de l'Italie vers la Calabre, qui sont appelees pour cette

raison la grande Grèce. piin. ia>. 6, Mais leur grand établissement fut dans l'Asie mic*p'2' neure, et sur-tout dans YÉolie, Ylonie et la Doride. Les principales villes de l'Ëolie sont, Cume, Phocèe, Élèe; de l'Ionie, Smyrne, Clazomène, Téos, Lèbèdus, Colophon, Éphese; de la Doride, Halicarnasse et Cnidiis.

Ils avaient encore un grand nombre de colonies répandues dans les différentes parties du monde, dont jt parlerai quand l'occasion s'en présentera.

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