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Nat. deor.

THALÈS LE MILÉSIEN. Si l'on en croit Cicéron', il tenait le premier rang entre les sept sages. Ce fut lui qui jeta en Grèce les fondements de la philosophie, et forma une secte

nommée l'ionique, parce qu'il était d’lonie. Lib. 1. de Il croyait que l'eau est le principe de toutes choses, D. 25. ' et que Dieu est cette intelligence par qui tout est

formé de l'eau. Il avait emprunté la première de ces opinions des Egyptiens, lesquels, voyant que c'est le Nil qui cause la fertilité de leurs terres, pouvaient s’imaginer que l'eau est le principe de toutes choses.

Il est le premier des Grecs qui se soit appliqué à l'astronomie. Il avait marqué le temps précis ? de l'éclipse de soleil qui arriva sous le règne d'Astyage, roi de Medie , dont il a été parlé ci-devant.

Il est aussi le premier qui a fixé les termes et la durée de l'année solaire parmi les Grecs. En comparant la grandeur du corps du soleil avec celui de la lune, il crut avoir trouvé que le corps de la lune n'était en solidité que la sept cent vingtième partie du corps du soleil, et par conséquent, que le soleil surpassait en 1 solidité le corps de la lune plus de sept cents fois. Ce i calcul est bien éloigné de la vérité, puisque la solidité du soleil surpasse non-seulement sept cents fois, mais plusieurs millions de fois la solidité ou grosseur de la

1 « Princeps Thales, unus e sep- dant laquelle ce phénomène devait tem, cui sex reliquos concessisse pri- arriver : car c'est là le sens des pamas ferunt, » (Lib. 4. Acad. Quæst. roles d'Hérodote, cugoy FOCO Eur n. 118.)

éveAUTÒN TGŪTOV, év Srxzi byevato 2 On a parlé plus haut de cette ouet2E07.ń. (HERODOT. I, S -4.) éclipse, tom. II, pag. 74, n. 1. Il faut ll en résulte que la science de Thaobserver que Thales avait prédit lès n'était pas si grande qu'on se l'est non pas le moment précis de cette imaginé. -- L. éclipse , mais seulement l'année pen

cap. 12.

n. 111.

lune. Mais on sait combien, en toutes sortes de matières, et sur-tout dans celle dont il s'agit ici, les premières observations et decouvertes qu'on y fait sont imparfaites.

Dans son voyage en Égypte, il trouva un moyen Plin. l. 36, facile, et sûr en même temps, de mesurer la hauteur ca des pyramides, en observant le jour où l'ombre de notre corps est égale à la hauteur même de notre corps".

Pour montrer que les philosophes n'étaient pas si · Cic. 1. 1 dépourvus de talent, et si ineptes pour les affaires qu'on 4

de Divin., le pensait, et qu'ils réussiraient comme les autres à s'enrichir s'ils le voulaient, il acheta le fruit de tous les oliviers qui étaient dans le territoire de Milet avant qu'ils fussent en fleur. La profonde connaissance qu'il avait de la nature lui avait peut-être fait connaître que l'année serait d'une extrême fertilité. Elle le fut en effet, et il fit un gain considérable.

Il avait coutume de remercier les dieux de trois choses : de ce qu'il était né créature raisonnable et non pas bête, homme et non pas femme, Grec et non barbare.

Sa mère le pressant de se marier, il répondit d'abord qu'il n'était pas encore temps; et quand plusieurs

? Il paraît que ni Pline, ni Plutarque qui raconte le même fait, ne se sont formé une idée juste du procédé de Thalès : il se réduit à comparer la grandeur de l'ombre projetée par un bâton d'une longueur donnée, avec l'ombre projetée par la pyramide, dans le même moment: comme les ombres sont dans ce cas proportionnelles aux hauteurs de la pyramide et du bâton, il conclut de

ce rapport la hauteur la pyramide. C'est donc une application simple des propriétés des triangles semblables. La pyramide absorbant une trèsgrande partie de son ombre , il était nécessaire de connaître auparavant la grandeur d'un des côtés; et vraisemblablement Thalès s'en était assuré avec soin , bien que les Anciens n'aient pas eu l'attention de nous en instruire. --L.

années se furent écoulées, il répondit qu'il n'était plus temps.

S’étant un jour laissé tomber dans une fosse , pendant qu'il était attentif à contempler les astres, une bonne vieille lui dit : Eh! comment connaîtriez-vous ce qui est dans le ciel, et si fort au-dessus de votre tête, vous qui ne voyez pas ce qui est à vos pieds et tout près de

vous ? An. M. 3457 Il était né la première année de la 35€ olympiade; Av.J.C.547.

et il mourut la première année de la 58€, âgé par
conséquent de plus de quatre-vingt-dix ans.

SOLON.
Sa vie a été rapportée fort au long.

CHILON.
Il était de Lacédémone. On ne sait pas beaucoup de
choses de lui. Esope lui demandant un jour à quoi
Jupiter s'occupait, « A abaisser , dit-il, ceux qui
s'élèvent , et à élever ceux qui s'abaissent. »

Il mourut de joie à Pise, ayant vu son fils remporter Aul. Gell, la victoire du pugilat dans les jeux olympiques. Il dit en lib. 1, c. 3.

mourant qu'il ne croyait point avoir commis aucune faute pendant tout le cours de sa vie (sentiment digne de l'orgueil et de l'aveuglement d'un philosophe païen), si ce n'était peut-être d'avoir usé de détour et de dissimulation dans un jugement pour faire plaisir à un ami, en quoi il ne savait s'il avait bien ou mal fait. Il mourut vers la 52€ olympiade.

PITTACUS. Il était de Mitylène, ville de Lesbos. Uni aux frères d'Alcée, fameux poëte lyrique, et à Alcée lui-même,

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qui s'était mis à la tête des exilés, il chassa de cette île le tyran qui s'en était rendu maître.

Ceux de Mitylène étant en guerre avec les Athéniens, Pittacus eut la conduite de l'armée. Pour épargner le sang de ses citoyens, il offrit de se battre contre Phrynon, qui était le chef des ennemis. Le parti fut accepté. Pittacus le vainquit et le tua. En reconnaissance, les habitants de Mitylène, d'un commun accord , lui donnèrent la souveraineté de leur ville. Il l'accepta, et se conduisit d'une manière si sage et si modérée, qu'il fut toujours considéré et chéri de ses sujets.

Cependant Alcée , ennemi déclaré des tyrans , n'épargna pas celui-ci dans ses vers, quelque douceur qu'il fît paraître, et l'attaqua vivement. Pittacus, entre les mains de qui il était tombé, loin de s'en venger, lui rendit la liberté, et montra par cette action de clémence et de générosité qu'il n'avait que le nom de tyran.

Après avoir gouverné dix ans avec beaucoup d'équité et de sagesse, il abdiqua volontairement l'autorité, et se retira. Il avait coutume de dire que la preuve d'un bon gouvernement était d'engager les sujets, non à craindre le prince , mais à craindre pour lui. Il ne voulait pas qu'on se donnât jamais la liberté de médire d'un ami, ni même d'un ennemi. Il mourut dans la 52° olympiade.

BIAS.

On sait peu de choses de lui. Il engagea par adresse Alyatte , roi de Lydie, à lever le siege de

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Priène, qui était sa patrie. Cette ville etait fort pressée par la famine. Il fit engraisser deux mulets, et trouva le moyen de les faire passer dans le camp ennemi. Leur embonpoint étonna le roi, et il envoya dans la ville des députés, comme pour faire quelques propositions de paix, mais en effet pour en observer l’état. Bias avait fait couvrir de blé de grands tas de sable. Quand les députés eurent rapporté au roi l'abondance où ils avaient trouvé la ville, il n'hésita plus et, ayant conclu le traité, il leva le siége. Il recommandait' surtout de rapporter aux dieux tout le bien qu'on pouvait faire.

CLÉOBULE. Il n'est pas plus connu. Il était de Lindos, ville de l'île de Rhodes, et selon d'autres, de Carie. Il invita Solon à venir se retirer avec lui, lorsque Pisistrate se fut emparé de l'autorité à Athènes.

PÉRIANDRE.

On le met parmi les sages , quoiqu'il fût tyran à Corinthe. Quand il s'en fut rendu maître, il écrivit à Thrasybule, tyran de Milet, pour savoir comment il devait se conduire. Celui - ci, pour toute réponse, mena le courrier dans une pièce de blé, et en s'y promenant abattit avec sa canne tous les épis qui étaient plus élevés que les autres. Périandre comprit sans peine le sens de cette espèce d'énigme, qui l'avertissait

de se défaire des citoyens les plus puissants de Corinthe In conv. pour mettre sa vie en sûreté. Mais , si l'on en croit sept. sap.

Plutarque, il ne put goûter un avis si cruel.

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