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Hérodote. On sait que Xénophon servit long-teix; sous le jeune Cyrus, qui avait dans ses troupes grand nombre de seigneurs persans avec lesquels sa tenpte cet écrivain, curieux comme il était, s'entretenait es lovent, pour s'instruire par leur moyen des mœurs ls ^coutumes des Perses, de leurs conquêtes, et sur-tout celles du prince qui avait fondé leur monarchie, et it il se proposait d'écrire l'histoire. C'est ce qu'il tus apprend lui-même dans le commencement de la îyropédie. (t Comme ce grand personnage, dit-il, m'a îjours paru digne d'admiration, j'ai pris plaisir à rechercher sa naissance, quel a été son naturel, de ;quelle façon il a été élevé, pour connaître par quels "\moyens il a pu devenir un si grand prince, et je «n'avance rien que je n'aie appris 1. »

Grecs : telles sont les trois libations qu'on faisait dans les festins ( Cy~ rop. II. 3. i. et ibi Schbiid. ); telle est encore la marche nocturne de l'armée persane ( Id. V. 3. 5a ), tandis qu'on sait que les Perses ne se mettaient point en route après le coucher du soleil, a moins d'une nécessité pressante; c'est encore ainsi que Xénophon. leur fait invoquer les dieux de la Grèce, à la nianièredes Grecs, et entonner\ePivan , lorsqu'ils marchent à l'ennemi.

Mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'auteur a donné aux Perses presque tous les usages des Lacédémoniens ; et la, se montre cette prédilection décidée et quelquefois injustequ'ila constamment manifestée pour les institutions de Lacédémone: c'est une observation de Camerarius, confirmée par Zeune et Weiske (fiUput. de Cyropœd., § 9).

Les Lacédémoniens marchaient au combat la tète ceinte d'une couronne ( Xxnoph. Rep. Laced. XIII, § 8. ) : Cyrus ordonne à ses soldats de couronner leurs tètes (Cyrop. III, 3, 40, 4a).

Les Lacédémoniens portaient des tuniques rouges en allant à l'ennemi (Id. Rep. Laced. XI. § 3): nous lisons la même chose des Perses danla Cyropédie ( VI, 4, 1 ).

Chez les Lacédémoniens, la puissance îles rois éiait restreinte dans des limites fort resserrées; ils vaquaient aux fonctions du sacerdoce ( Id. Rep. iMced. XIII, II ) : c'est ce que nous trouvons également chez les Perses(Cj rop. IV, 5, 17 ; VIII, 7,1).

Lycurgue avait institué l'éducar publique à Sparte, et les en fa étaient censés appartenir à La j trie, plut ni qu'a leurs parents (pli in Lycurg., § i5; Aristot. J'en VIII, I, § 3 ) : Xénophon suppt précisément la même institution cb les Perses( Cyrop. I, c. a).

Une ressemblance de ce gen existe dans beaucoup d'autres trai qu'il serait trop long de rapporte! et l'on voit que Xénophon , voular nous montrer chex les Perses le ni■ dèle d'une nation civilisée, ne troui rien de mieux que de leur prêter h usages de ses chers Lacédémonieni Le résumé fort court que je vier< de présenter , suffit pour montre que les Anciens ont eu pleinemen raison dans l'opinion qu'ils s'étaieo formée de la Cyropédie : admirabl comme traité de morale applique au gouvernement, cet ouvrage nsous le rapport historique qu'un autorité très-faible. C'est le senti ment des critiques qui ont examini à fond cet ouvrage , d'Érasme, d( Vossius, de LouisVives, de Scaliger deCalvisius, deSimson,de Fragniri de Desvignoles, de Fréret, de Larchrr de Ste.-Croix, etc. Us reconnaissent tous,danslaCyropédie un roman mrlt de quelques vérités historiques, dam lequel la plupart des personnages sout d'invention, et presque tous l« faits ou entièrement fictifs on arrangés à plaisir ; en sorte qu'il est useï difficile d'y séparer le vrai du faux.

Il résulte de ces observations qur ce chapitre de Rollin, qui contient la vie de Cyrus d'après Xénophon.

Au reste, ce que dit Cicéron dans la première lettre à son frère Quintus, que Xénophon a avait composé [histoire de Cyrus, non suivant Vexacte vérité, mais comme le modèle d'un bon gouvernement, ne doit rien diminuer de l'autorité de ce judicieux écrivain, ni de la créance qui lui est due. Ce qu'on en peut conclure, c'est que le dessein de Xénophon, aussi grand philosophe que grand capitaine, n'a pas été simplement d'écrire l'histoire de Cyrus, mais d'apprendre aux princes, dans la personne de celui-ci, l'art de régner et de se faire aimer de leurs sujets malgré le faste et l'élévation de la puissance souveraine. Il a pu, dans cette vue, prêter à son héros quelques pensées, quelques sentiments,

F*utse lire avec un vif intérêt, parce les différents détails contenus dans

fi il offre une analyse très-bien faite ce chapitre — L. ta U Cyropédie ; mais qu'un 11e 1 Ce n'est pas là tout-à-fait le sens

Tait compter sur la certitude de l'original. Voyez la note ci-des

d aucun des détails dont il se corn- sus , p. 97 , col. 1. — L. {*"«. 2 !. Cyrus aie a Xenophonte, non

Ces observations générales me ad historiae fidem scriptus, sed ad

dispenseront de faire des notes sur efUgiem justi ùnperii. »

quelques discours; mais le fond des événements et des faits qu'il rapporte doit passer pour vrai, et leur conformité avec l'Ecriture sainte en est une preuve évidente On peut lire la dissertation de M. l'abbé

Tom 6 Banier sur ce sujet dans les mémoires de l'academie des

p • 4oo. Belles-Lettres.

Pour plus grande clarté, je divise l'histoire de Cyrus en trois parties. La première s'étendra depuis sa naissance jusqu'au siége de Babylone ; la seconde renfermera la description du siége et de la prise de cette ville, et de tout ce qui regarde ce grand événement ; la troisième contiendra l'histoire de ce prince depuis la prise d« Babylone jusqu'à sa mort.

ARTICLE PREMIER.

Histoire de Cyrus, depuis von enfance jusqu'au siège de Babylone.

Cet intervalle, outre l'éducation de Cyrus et le voyage qu'il fit en Medie chez Astyage, son grand-père, renferme les premières campagnes de ce prince et les importantes expéditions qui en furent la suite.

< § I. Éducation de Cyrus.

Xmoph. Cyrus était fils de Cambyse, roi de Perse, et de CyTMP 3 " Mandane, fille d'Astyage, roi des Mèdes. Il naquit un An. M 3/ioï an après Cvaxare, son oncle, frère de Mandane.

Les Perses, divisés en douze tribus, étaient alors renfermés dans une seule province de cette vaste région qui depuis a porté leur nom, et ne faisaient tous en

1 Sur cette prétendue conformité, voyez Dcsvignoles ( Chronol. de i'Hist. sainte , T. II, p. 476. ) — L.

semble que six-vingt mille hommes. Dans la suite, cette nation ayant acquis l'empire d'Orient par la sagesse et par la valeur de Cyrus, le nom de la Perse s'etendit avec leur fortune, et comprit ce vaste espace de pays qui s'étend du levant au couchant, depuis le fleuve Indus jusqu'au Tigre, et du septentrion au midi, depuis la mer Caspienne jusqu'à l'Ocean. Ce nom a encore aujourd'hui la même étendue.

Cyrus était bien fait de corps, et encore plus estimable par les qualités de l'esprit ; plein de douceur et d'humanité, de desir d'apprendre, d'ardeur pour la gloire. Il ne fut jamais effrayé d'aucun péril, ni rebuté d'aucun travail, quand il s'agissait d'acquerir de l'honneur. Il fut élevé selon les lois4 des Perses, qui pour lors étaient excellentes par rapport à l'éducation.

Le bien public, l'utilite commune étaient le principe Cvrop et le but de toutes leurs lois. L'education des enfants était regardee comme le devoir le plus important et la partie la plus essentielle du gouvernement. On ne s'en reposait pas sur l'attention des pères et des mères, qu'une aveugle et molle tendresse rend souvent incapables de ce soin : l'etat s'en chargeait. Ils étaient elevés en commun, d'une manière uniforme. Tout y était réglé : le lieu et la duree des exercices, le temps des repas, la qualité du boire et du manger, le nombre des maîtres, les differentes sortes de châtiments. Toute leur nourriture, aussi - bien pour les enfants que pour les jeunes gens, était du pain, du cresson et de l'eau; car on voulait de bonne heure les accoutumer à la tempérance et à la sobriété; et d'ailleurs, cette sorte de nourriture simple et frugale,* sans aucun mélange de sauces ni de ragoûts, leur

fortifiait le corps, et leur préparait un fonds de santé capable de soutenir les plus dures fatigues de la guerre jusque dans l'âge le plus avancé.

Ils allaient aux écoles pour y apprendre la justice, comme ailleurs on y va pour apprendre les lettres et les sciences; et le crime qu'on y punissait le plus sévèrement était l'ingratitude.

La vue des Perses, dans tous ces sages établissements, était d'aller au-devant du mal, persuadés qu'il vaut bien mieux s'appliquer à prévenir les fautes qu'à les punir; et au lieu que, dans les autres états, on se contente d'établir des punitions contre les méchants, ils tâchaient de faire en sorte que parmi eux il n'y eût point de méchants.

On était dans la classe des enfants jusqu'à seize ou dix-sept ans, et c'est là qu'ils apprenaient à tirer de l'arc et à lancer le javelot; après cela, on entrait dans celle des jeunes gens. C'est alors qu'on les tenait de plus court, parce que cet âge a plus besoin que tout autre d'être veillé exactement. Ils étaient dix années dans cette classe : pendant ce temps, ils passaient toutes les nuits dans les corps-de-garde, tant pour la sûreté de la ville que pour les accoutumer à la fatigue. Pendant le jour, ils venaient recevoir les ordres de leurs gouverneurs, accompagnaient le roi lorsqu'il allait à la chasse, ou se perfectionnaient dans les exercices.

La troisième classe était composée des hommes faits; et ils y demeuraient vingt-cinq ans. C'est de là qu'on tirait tous les officiers qui devaient commander dans les troupes, et remplir les différents postes de l'état, les charges, les dignités. On ne les forçait point à porter

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