Oeuvres

 

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219 - C'est en vain qu'au Parnasse un tmraire auteur Pense de l'art des vers atteindre la hauteur : S'il ne sent point du ciel l'influence secrte, Si son astre en naissant ne l'a form pote, Dans son gnie troit il est toujours captif; Pour lui Phbus est sourd , et Pgase est rtif.
257 - Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut lgitime : Mais je ne puis souffrir ces auteurs renomms Qui , dgots de gloire et d'argent affams, 130 Mettent leur Apollon aux gages d'un libraire, Et font d'un art divin un mtier mercenaire.
224 - Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Et rduisit la muse aux rgles du devoir.
25 - Souvent j'ai beau rver du matin jusqu'au soir : Quand je veux dire blanc, la quinteuse dit noir; Si je veux d'un galant dpeindre la figure...
229 - Au contraire cet autre , abject en son langage , Fait parler ses bergers comme on parle au village. Ses vers plats et grossiers, dpouills d'agrment, Toujours baisent la terre , et rampent tristement : On dirait que Ronsard, sur ses pipeaux rustiques...
238 - Ce qu'on ne doit point voir , qu'un rcit nous l'expose : Les yeux en le voyant saisiraient mieux la chose; Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir l'oreille et reculer des yeux.
225 - J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arne, Dans un pr plein de fleurs lentement se promne, Qu'un torrent dbord, qui d'un cours orageux, Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux, Htez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le mtier remettez votre ouvrage.
144 - Courir de l le Gange en de nouveaux pays, Faire trembler le Scythe aux bords du Tanas, Et ranger sous nos lois tout ce vaste hmisphre ; Mais, de retour enfin, que prtendez-vous faire ? Alors, cher Cinas, victorieux, contents, Nous pourrons rire l'aise et prendre du bon temps.
225 - En vain vous me frappez d'un son mlodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux: Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoul l'orgueilleux solcisme: Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un mchant crivain.
249 - D'un avare souvent trac sur son modle ; ] Et mille fois un fat , finement exprim , Mconnut le portrait sur lui-mme form. Que la nature donc soit votre tude unique , Auteurs qui prtendez aux honneurs du comique. Quiconque voit bien l'homme, et d'un esprit profond, De tant de curs cachs a pntr le fond ; Qui sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare , Un honnte homme , un fat , un jaloux , un bizarre , Sur une scne heureuse il peut les taler, Et les faire nos...