Oeuvres de Nicolas Boileau Despraux, 1

 

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84 - J'entends dj par-tout les charrettes courir, Les maons travailler, les boutiques s'ouvrir : Tandis que dans les airs mille cloches mues, D'un funbre concert font retentir les nues ; Et, se mlant au bruit de la grle et des vents, Pour honorer les morts font mourir les vivants.
140 - C'est pour elle, en un mot, que j'ai fait vu d'crire. Toutefois , s'il le faut, je veux bien m'en ddire, Et , pour calmer enfin tous ces flots d'ennemis , Rparer en mes vers les maux qu'ils ont commis.
88 - Que dans le march-neuf tout est calme et tranquille ; Les voleurs l'instant s'emparent de la ville. Le bois le plus funeste et le moins frquent Est, au prix de Paris, un lieu de sret. Malheur donc celui qu'une affaire imprvue Engage un peu trop tard au dtour d'une rue ! Bientt quatre bandits lui serrant les cts, La bourse! ... Il faut se rendre; ou bien non, rsistez, Afin que votre mort, de tragique mmoire, Des massacres fameux aille grossir l'histoire.
249 - J'entends dj frmir les deux mers tonnes De voir leurs flots unis au pied des Pyrnes s. Dj de tous cts la chicane aux abois S'enfuit au seul aspect de tes nouvelles lois 6.
142 - passe Juvnal, atteint Horace, semble crer les penses d'autrui et se rendre propre tout ce qu'il manie; il a, dans ce qu'il emprunte des autres, toutes les grces de la nouveaut et tout le mrite de l'invention...
31 - Si je veux d'un galant dpeindre la figure, Ma plume pour rimer trouve l'abb de Pure ' ; Si je pense exprimer un auteur sans dfaut, La raison dit Virgile, et la rime Quinault".
141 - Amasser contre vous des volumes d'injures, Traiter en vos crits chaque vers d'attentat, Et d'un mot innocent faire un crime d'État.
125 - Sont de ce fol espoir honteusement dus. Combien, pour quelques mois, ont vu fleurir leur livre, Dont les vers en paquet se vendent la livre! Vous pourrez voir un temps vos crits estims Courir de main en main par la ville sems: Puis de l, tout poudreux, ignors sur la terre, Suivre chez l'picier Neuf-Germain et La Serre...
271 - A ces mots, essuyant sa barbe limoneuse, II prend d'un vieux guerrier la figure poudreuse. Son front cicatris rend son air furieux, Et l'ardeur du combat tincelle en ses yeux. En ce moment il part, et, couvert d'une nue, Du fameux fort de Skink prend la route connue. L, contemplant son cours, il voit de toutes parts Ses ples dfenseurs par la frayeur pars.
8 - Ce sont eux que l'on voit, d'un discours insens, Publier dans Paris que tout est renvers, Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace De jouer des bigots la trompeuse grimace. Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux, C'est offenser les lois, c'est s'attaquer aux cieux. Mais bien que d'un faux...