Penserosa: posies nouvelles

H.L. Delloye, 1840 - 382

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86 - N'ouvre jamais ton me Qu'aux modestes vertus ; Que ta charit sainte Berce et calme la plainte Des esprits abattus ! Que ta pure esprance Relve la souffrance ; Que ton hymne de foi, Comme une chaste offrande, Monte au ciel et rpande La paix autour de toi. Sois l'ange qui console ; De ta douce parole Prodigue le secours ; Au malheur tends l'oreille, Prs du malade veille, Et prs du pauvre accours. Travaille, prie et chante ! Le travail t'ennoblit, La foi te rend touchante, La gat t'embellit....
366 - O mon uvre d'amour ! ma sur bien-aime , Mon cur te devina quand mes mains t'ont forme ! J'ai su te reconnatre en approchant des cieux ; Tu te penchais vers moi pour calmer ma souffrance , Et ta voix me disait, quand je pleurais la France : Viens, on retrouve ici ce qu'on aima le mieux ! Et la vierge guerrire, agitant son armure, Se penche et lui rpond par un pieux murmure ; Et la fille des rois, dans son ravissement, Entoure de ses bras cette image chrie, Et...
3 - Ange et Milton, la forme et la parole, Ont de Penseroso consacr le symbole. Un soir, vous me contiez cette histoire de l'art, Et je vous coutais de l'me et du regard ; Demeurant prs de vous, dans la molle attitude O me berce la Muse aux jours de solitude, Je rvais. . . Sur ma main, ma tte se posa ; Vous me dites alors : Siete Penserosa ! De ce marbre inspir l'image se reflte Sur votre jeune front de femme et de pote ; Vous avez son air triste et son regard penseur, Et...
87 - Comme une chaste offrande, Monte au ciel et rpande La paix autour de toi. Sois l'ange qui console ; De ta douce parole Prodigue le secours ; Au malheur tends l'oreille, Prs du malade veille, Et prs du pauvre accours. Travaille, prie et chante ! Le travail t'ennoblit ! La foi te rend touchante, La gat t'embellit ! Et si Dieu t'a doue D'un esprit noble et grand, Sois humble et dvoue, Sois belle en l'ignorant. Laisse l'homme la gloire, Les triomphes, le bruit ; Pour nons, aimer et...
4 - De ce marbre inspir l'image se reflte Sur votre jeune front de femme et de pote; Vous avez son air triste et son regard penseur, Et Michel-Ange en vous et reconnu sa sur!
364 - C'tait une blanche statue, Vierge guerrire revtue De l'armure des anciens rois : Fille pudique au front cleste , A l'il fier, au souris modeste, Femme, hros, tout la fois! II fallait plus qu'un grand artiste Pour la rendre ainsi calme et triste , Accomplissant l'ordre de Dieu ; II fallait l'art et la croyance : L'me d'une fille de France A runi ce double feu; Et de ses mains s'est chappe Jeanne d'Arc pressant...
207 - Qu'arrive-t-il quand la destine nous spare de celui qui avait le secret de notre me, et nous avait donn la vie du cur, la vie cleste ? Qu'arrive-t-il quand l'absence ou la mort isolent une femme sur la terre ? Elle languit, elle tombe.
138 - Du bonheur passager de la nouvelle pouse, De ses illusions je ne suis pas jalouse. Quand elle apparat, j'aime l'entendre applaudir, A voir sous l'oranger son front pur resplendir, Sa parure blouir la foule qui l'entour'e ; J'aime la croire heureuse alors qu'elle savoure Cet encens que le monde aux femmes jette un jour, Encens de vanit parfum par l'amour !... Mais ce qui me torture et fait flchir mon me, C'est de voir auprs d'elle assise une autre femme, Jeune de son bonheur,...
76 - SORCIÈRE. Tournons en rond autour du chaudron qui bouillonne, Jetons-y le poison d'immondes intestins. Crapaud, qui, dormant sous la pierre, As durant trente jours chauff tes venins, Bous le premier dans la chaudire.