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détreffe de cette pauvre troupe, qu'elle fe fauva au grand galop par toutes les rues de traverse qui vont de la rue St. Honoré á celle des Petits-Champs. Les paffages, les cours font pleins de chevaux & d'hommes, la frayeur ne connaît plus d'obftacles. Ceux qui s'étaient ralliés hors du champ de bataille, fe portaient machinalement aux Champs Elyfées; le peuple les arrêta à la place Vendôme pour fe réunir à eux, & forcer le bataillon des Capucines à fortir. Ce bataillon était tapi dans sa caferne, les deux canons à la porte, & ne faifait pas le moindre mouvement. On parvint après quelques pourparlers á le débaucher. Alors la gendarmerie, & le peuple s'acheminèrent vers la place Louis XV, précédés de ce bataillon, ayant en tête fes grenadiers & fon canon. Ils y augmentèrent d'autant, la multitude armée qui s'y trouvait déjà.

Le pofte de gendarmerie qui fe tenait aux voitures de la cour,était monté à cheval dès qu'il avait vu la tête de la colonne des affaillans arriver. Comme il ne recevait point d'ordres, l'officier commandant voulut aller rejoindre le gros de la troupe. En paffant le Pont Royal, ils furent criblés de coups de fufils, tant du château, que du peuple. Sur 100 hommes, ils en perdirent 25. Cependant ils s'étaient réunis à la populace pour tirer fur les Suiffes. Ce furent ces mêmes cavaliers qui

furent

furent envoyés enfuite au devant des Suiffes que l'on difait venir des cafernes de Courbevoye.

Jufqu'ici nous avons vu le petit nombre des défenfeurs du château, victorieux; les Marseillais repouffés, la populace diffipée: mais les munitions des Suiffes étaient prefqu'épuifées, ils avaient déjà perdu beaucoup de monde, & d'un côté les ordres du roi qui arrivèrent,& del'autre les innombrables renforts qui fe fuccedèrent, changèrent totalement la fcène; & le champ de bataille devint un champ de maffacre.

J'en continuerai l'hiftorique au chapitre prochain.

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR.

D

ES obftacles multipliés ont retardé la publication des prémiers numéros de cet ouvrage. Sans parler de la difficulté qu'éprouve un étranger dans un pays où il eft jetté par les circonftances; fans parler des maladies & des devoirs qui souvent arrêtent fes travaux, une confidération particulière peut encore me fervir d'excuse, il fallait faire connaitre la vérité dans tout fon jour fur les évenemens du mois. d'Août & Septembre; il fallait ne pas oublier le plus leger détail. J'ai donc eu à entendre encore plus de 80 perfonnes, -à écrire leurs obfervations, à les comparer, à les mettre en ordre avant de les rédiger. Désormais les numéros fe fuccederont avec rapidité. Déjà le quatrième eft sous presse. C'est la relation des maffacres de l'Abbaye, par un témoin oculaire, M. Jourgniac de St. Méard. Elle ne fait que de paraitre à Paris. Elle fera publiée à Londres presque en même tems. Ceux qui connaiffent la difficulté de faire imprimer du Français, par des ouvriers qni n'entendent pas une fyllabe de cette langue, fauront apprécier, & pardonner les fautes typographiques qui fe gliffent dans l'impreffion. Un srrata général en fera le redreffement à la fin du volume.

Je ne me ferais jamais attendu, en entreprenant mon ouvrage, d'être obligé d'ajouter à cette apologie naturelle de mes ouvriers, une profeffion de foi fur mes opinions politiques, & mes correfpondances. A peine échappé aux piques, & aux affaffins, il était du devoir de mes ennemis de me poursuivre par d'autres traits; on me peint à Paris comme le dénonciateur

que

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR.

dénonciateur de mes malheureux compatriotes émigrés,* et comme un artifan de révolution à Londres; ainfi du même coup, on cherche à m'ôter & la bienveillance des miens, & la protection du pays qui m'accueille. Ceux qui ne voyent pas le but manifefte de ces calomnies, eft d'empêcher la publication des horreurs que je dénonce, ne méritent pas que je leur réponde. Mon refpect pouffé jusqu'à la superstition pour la conftitution Anglaise a fait mon feul crime pendant toute la revolution de France, & l'on m'accufe de chercher ici à renverser l'idole que j'ai toujours adoré, moi, dont le prémier principe politique, eft qu'il n'y a point de gouvernement abfolument mauvais, & que l'état defpotique luimême eft préférable à l'état révolutionnaire !

Que l'on éxamine d'ailleurs avec quel acharnement Gorfas effaye de m'attaquer depuis trois ans, & l'on appréciera les diatribes, où il me prête jusqu'à son langage.

Telle a été pendant toute la durée de la révolution, la tactique des Jacobins. Depuis les rois, jufqu'aux individus, tout brouiller, tout divifer, pour tout détruire; & lorsque réunis par le plus atroce brigandage, ils font à la veille de s'entre dé-chirer pour le partage, nous deviendrions leurs auxiliaires par nos diffenfions! il eft donc de la deftinée du Français que le malheur même ne le rendra pas plus fage! il faut donc périr, puisqu'il n'y a d'heureux que les brigands, & de conféquens que les fripons!

* A mon arrivée à Londres, on me donnait de toutes parts les noms des Français que l'on croyait en Angleterre pour leur envoyer le profpectus de mon ouvrage. A-t-on copié cette lifte d'adreffes à mon infçu pour me dénoncer? je l'ignore.

Nouvelles des Iles du Vent.

NOUS apprenons par le paquebot de Tortola arrivé en 25 jours à Falmouth, que la flotille aux ordres de M. de Brueys, commandant la frégate la Semillante, & portant à la Martinique le regiment d'Orléans, avec des volontaires nationaux, au nombre de 2000 hommes, commandés par M. de Rochambeau fils, a paru devant le Fort Royal, & a mouillé dans la rade, la nuit, du 15 au 16 7bre: dans la matinée du 16, les colons réunis à M. de Behague, com`mandant, firent fignifier à M M. de Brueys & de Rochambeau, que la colonie était contente de fon régime & de fon gouverneur, qu'elle n'en voulait point d'autres. Les commiffaires du roi étaient embarqués fur la gabarre commandante en fecond. La frégate leur fit le signal de se transporter à fon bord avec le général Rochambeau, & le général Collot, destiné a remplacer M. de Clugny à la Guadeloupe. Quand cette opération fut terminée, elle leva l'ancre, & fit le fignal de fauve qui peut. Alors toute la flotille fe difperfa. Les 9 transports se font rejettés dans toutes les ifles Anglaises pour faire des vivres et de l'eau. Mais on n'ofait y defcendre à terre. Les matelots et les foldats d'Orléans, jettaient feu et flammes contre les volontaires nationaux.

M. de la Roque commandait à la Guadeloupe après la mort de M. de Clugny. Les difpofitions des habitans de la Guadeloupe étaient encore plus prononcées que celles de la Martinique.

On croit que la frégate la Sémillante a fait route pour S. Domingue. On ne pense pas qu'ils y foient mieux reçus qu'aux Isles du Vent.

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