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particuliers s'accumulèrent à cette époque; 76 departemens fur 84 fouffraient avec le roi, & lui offraient leurs bourses, leurs bras & leurs cœurs. Le roi ne voulut point partir, il ne voulut point effrayer ni animer la faction par un appel aux departemens. Plus elle était active, plus il était refigné. Il n'attendait plus rien des hommes, écrivait-il au père Hébert, fon confeffeur, & il lui demandait les confolations du Ciel. Chaque jour de nouveaux avis contradictoires repandaient de nouvelles allarmes, & changeaient les plans que l'on formait à la hâțe, & que l'on defaifait plus rapidement encore, tel dans un vaiffeau battu par la tempête, privé de fon gouvernail, & de fes voiles, l'équipage prêt à perir ne reconnait plus la voix du pilote; l'un travaille encore, tandis que l'autre s'enyvre; ainfi dans le château des Thuilleries tout fut confufion & malheur depuis l'arrivée des Marfeillais; pendant quinze jours entiers les ministres ne fermérent pas l'œil, & ne fortirent pas du château. On voyait l'infurrection s'avancer, on confeillait au roi de la prevenir par une demarche éclatante, il hesita toujours; il fe contenta de laiffer prendre autour de lui pour fa confervation perfonelle toutes les mefures qué la conftitution indi, quait, il fut furpris & deçu au milieu de ces incertitudes; l'orage était formé, la detonation se fit,

Il a été maffacré le 2 7bre,

& la

& la royauté conftitutionelle frappée de la foudre des revoltés vint perir dans le temple même de la conftitution.

Grande & cruelle leçon qui doit apprendre à tous les Princes de l'Europe qu'il ne faut jamais compofer avec fon devoir, & que tout germe d'in, fubordination doit être etouffé dans fon principe. Les thrônes font des propriétés nationales fondées comme les religions fur la neceffité de reprimer nos vices, & fur le fentiment de nos misères, & celui là qui par faibleffe laiffe échapper de fes mains les rênes du gouvernement qui lui a été confié, ne tarde pas a être puni de fa faute par sa faifa bleffe même. Chacune de fes demarches interpretée contre lui, donne à fon caractère un air de fauffeté, & l'eftime s'en éloigne, à proportion que l'on eft étonné de la vigueur du crime heureux. Mais la punition eft à fon comble lorsque le prince detrôné a été affligé par la nature, d'une fenfibilité exquife, & que le fang de tous fes amis coulant autour de lui vient l'avertir que tous ces defaftres étaient la chance la plus défavorable d'une resistance quelquefois malheureufe, mais toujours honorable,

On vient de voir que Louis XVI. n'a jamais employé pour réfifter à la faction republicaine que fa vertu, un courage paffif à toute épreuve, le texte de la constitution, & les moyens d'union, de concorde,

corde, de confiance & d'opinion; il ne faut plus ajouter qu'un mot pour detruire toutes les inculpations qui lui ont été faites. Vingt perfonnes tout au plus qui étaient à la tête de la revolte du 10 Août, éxiftent encore; elles étaient connus depuis. long tems. Le roi pouvait dire un feul mot, & d'un feul coup, tous leurs attentats euffent été prévenus; elles exiftent encore, donc le roi n'eft coupable que de les avoir laiffé vivre.

Je vais entrer maintenant dans le court developpement des intrigues particulières qui affiégèrent la cour, depuis le 20 Juin, & auxquelles le roi s'oppofa toujours. J'y joindrai quelques mouvemens qui eurent lieu avant cette époque, & les préparatifs de refiftance qui furent faits pour la defenfe de Thuilleries le 9 & 10 Août.

Plans & Moyens employés par différens Partis pour s'oppofer au Republicanisme, & préferver le Roi.

TANDIS que l'armée de Coblentz & celle d'Autriche étaient en mouvement pour fauver la royauté Française, & avec elle la paix de l'Europe, plufieurs partis s'agitaient à Paris autour du roi.

Ces

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Ces partis ayant tous des vues particulières, tous leur petite intrigue fecréte, fe reuniffaient néanmoins quelquefois fous l'étendard du royalisme, se prêtaient mutuellement leurs forces, & leurs lumières, fe quittaient, fe boudaient, fe reprenaient, & fe trompaient tous mutuellement. D'anciens miniftres, d'anciens conftituans, des généraux, des écrivains, des femmes, formaient mille petits comi→ tés différens dont le roi paraiffait toujours le prétexte, la destruction des Jacobins le mobile, mais dont l'ambition était le vrai but.

Donner les noms & les caractères des auteurs de toutes ces intrigues, ferait faire une chronique scandaleuse de cette partie de la revolution, & la févérité des circonftances m'interdit tout épigramme. D'ailleurs ils font tous pourfuivis, & errans, & le ridicule eft fans prise fur le malheur.

Un feul de ces partis avait pour objet la restauration pleine & entière du monarque dans tous fes droits. L'homme qui était à la tête de ce plan, était un ancien miniftre d'un courage ferme & entreprenant, téméraire, quelquefois imprudent, mais toujours loyal, & prêt à fe facrifier pour fon maitre. Nul ne pénétra plus avant que lui dans les fecrets de la faction Jacobite, & ne mit plus d'ardeur à les dejouer. Il femblait fe multiplier

pour

pour l'exécution de tous les plans qui purent tendre a fauver le roi & la monarchie.

Le parti du Général la Fayette, était compofé en grande partie de cette troupe legére de jeunes gens qui depuis la guerre d'Amérique s'étaient attachés à sa fortune, & l'avaient aidé a acquérir une existence dans la carrière politique. La plupart d'entr'eux avaient été deputés à l'affemblée conftituante; leur avancement avait été rapide, mais comme il n'était que précaire, une nouvelle audace pouvait feule leur affurer de nouveaux fuccés. Ils voulurent donc arracher des mains des Jacobins, le roi de la conftitution, fauf à tranfiger enfuite du roi de France avec les émigrés, & les puiffances Européennes. Je ne nommerai point ici les principaux agens de ce parti; on les reconnait affez au foin qu'ils prennent d'excufer les fautes qu'ils ont faites d'abord, par le bien qu'ils ont voulu faire enfuite.

Plufieurs fubdivifions éxiftaient encore dans ce parti. Chacun avait fes opinions; l'un accordait quelques amendemens à la conftitution, l'autre la voulait toute entière, celui-ci voulait de l'argent, celui-là un regiment; tout le monde était du complot, excepté l'être augufte qui en était le pré

texte.

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