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aux armées combinées 150 hommes, & 250 chevaux. Les Français y perdent 600 hommes, & cet excédent de perte eft moins dû à l'adreffe des artilleurs Pruffiens, qu'à la chûte d'un moulin, & à l'explofion de quelques caiffons de gargouffes. Pendant toute la canonade, le roi de Pruffe, le Duc de Brunswick & leurs fils furent continuellement exposés au feu. Le roi furtout était fort remarquable, & courut les plus grands rifques. Il y eut la douleur de voir le régiment de Saxe-Weimar, & deux bataillons d'infanterie plier fous le feu des patriotes. Il leur criait envain; enfans, ne baillez pas la tète, ce n'eft rien: on lui repréfentait ailleurs qu'il s'expofait trop, il répondait: mes foldats ont du plaifir à me voir à leur tète. Sa bravoure perfonelle & fon exemple n'empêcherent pas fon armée d'être vaincue en difcipline & en conftance par la ligne de Kellermann, qui ne fut point ébranlée par l'artillerie ennemie. Cette infériorité de l'armée du roi de Pruffe détermina la fin de l'action. Pour la rallier entièrement, il fallut que le roi, le duc, & les coups de bâton se missent à leur tête, & fur leur dos.

Clairfayt arrivé après la canonade, fe campe fur le champ de bataille à Valmy, ayant à gauche, le camp Pruffien à Hans, & à droite, l'avant garde Pruffienne, commandé par un Hohenlohe, fur la route & à 4 lieues de Châlons..

Dumourier

Dumourier fe retira dans la nuit, & alla prendre une pofition excellente, fa droite aux lettes en potence, & fa gauche appuyée à une redoute de 18 canons fur une hauteur, le long de la chauffée de Châlons à Ste. Menehould.

C'est dans ces pofitions refpectives que commencerent ces négociations, ces pourparlers qui ont fait, & feront encore long-tems l'énigme de l'hiftoire. On ne peut point en parler légérement. Il faut attendre en filence que le tems fouléve le voile qui les couvre: fi d'un côté l'on confidere que le jacobinisme commençait à faire des ravages dans l'armée de Pruffe, que les enfans du roi, & le duc de Saxe-Weimar étaient tout la journée a caufer avec les patriotes, que les fruits de France paffaient continuellement du camp de Dumourier à celui des Pruffiens, & qu'on était obligé de faire escorter les trompettes allant & venant du camp des Français; fi d'un autre, l'on obferve que par la pofition que l'on avait prise, il fallait que les vivres qu'on tirait de Verdun, fiffent onze lieues pour arriver à Hans, que la mortalité des chevaux augmentait chaque jour, que les pluies qui ne difcontinuaient pas avaient rompu tous les chemins, que les convois obligés de paffer dans des fondrieres de 4 & 5 pieds de profondeur, étaient 5 jours a parvenir à leur destination, tandis que des partis de cavalerie légere que Dumourier envoyait entre Hans & Va

rennes,

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rennes, en interceptaient une partie; que les trou pes privées de vivres quelque-fois pendant trois jours, fe livraient à une indifcipline & un pillage que rien ne pouvait contenir, & dont l'excès entrainait des maladies peftilentielles; alors on aura le fécret des motifs qui détérminerent ces prémières héfitations, & l'animofité ceffera de les attribuer à d'infâmes féductions, & à la haine qu'on fuppofait au Duc contre les émigrés, & les Princes. On ne regardera le remplacement du miniftre Schullembourg par l'Italien Lucchefini, que comme un mouvement néceffité par le befoin des talens de Schullembourg, à Berlin, pour diriger les renforts & foutenir les efprits en Pruffe: enfin on ne regardera le memoire envoyé par Dumourier au roi de Pruffe, que fous le point de vue d'une rufe de guerre, & comme une de ces manœuvres employées depuis la révolution par les chefs des factieux pour divifer tout ce qu'ils avaient a détruire. Le roi de Pruffe avait un trop grand intérêt a ménagér, celui de fa couronne & de fa gloire, pour être dupe de quelques flagorneries maladroites, & des promeffes illufoires d'un général qui ne pouvait pas même répondre d'un feul marché, & d'un feul foldat de fon armée. Au reste, qui peut dire que la réputation politique, morale, militaire du duc de Brunswick ait jamais été entamée -jufqu'ici. Efpérons que de nouvelles victoires repareront bientôt les fautes que l'on apperçoit au

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premier

premier coup d'œil, & refpectons les motifs qu'il a eus, car il eft impoffible de croire qu'il ait voulu ternir fa gloire à la fin de fa carrière, & trahir, des vues fordides, l'efpoir & l'intérêt de tous les Rois, & avec eux le bonheur & la tranquillité de toutes les fociétés.

par

Cependant, fi le malheur de M. de Brunswick oblige à plus de circonfpection fur fon caractère moral, l'histoire n'en a pas moins des reproches à lui faire, & des fautes graves à lui objecter; & fans repéter ici ce que j'ai déjà dit fur la lenteur qu'il apporta à fes premiéres opérations militaires depuis fon départ de Tréves, fans parler de ce ridicule fiége de Thionville, qu'il permit aux émigrés, & aux Autrichiens d'entreprendre fans artillerie*, on lui demandera toujours compte de cette diftinction cruelle qu'il établit dans fon cartel pour l'échange des prifonniers entre fes foldats, & les émigrés. En vain dira-t-il que Dumourier n'aurait jamais accédé à cette claufe pour ce qu'il appellait les Français rebelles; M. de Brunfwick avait reconnu.ces rebelles pour fes foldats, & l'honneur lui prefcrivait de ftipuler pour eux comme pour les fiens. Il ne fe juftifiera point du meur

* Ils n'avaient qu'un canon de 12, & 2 mortiers chambrés qui ne lançaient pas la bombe à 200 toises de la place. Cela fuffit pour apprécier la pretendue gloire dont s'eft couvert le général patriote Felix Wimpffen.

tre

tre des 9 infortunés qui ont été fuppliciés à Paris, en difant, en écrivant encore, qu'ils avaient fait tout ce qu'il fallait pour fe faire défeftimer; il arrive un terme ou l'on ne peut plus invectiver des hommes; & fi Dumourier avait une forte de raison de traiter de rebelles ces malheureux profcrits, à quoi devaient-ils cet odieux caractère, fi ce n'est à la longue chaine d'intrigues qui fit empêcher le frère ainé du Roi de fe declarer Régent du royaume, & de planter l'oriflamme à fon entrée en France? Aurait-on pu traiter de rebelles ceux qui fe feraient ralliés à ce figne facré pendant la captivité du Roi? Et la marche fuivie par le Baron de Breteuil de répresenter Sa M. malgré l'avis des meilleurs publiciftes, n'a-t-elle pas été la pierre d'achoppement ou font venus échouer à la fois, & la nobleffe Françaife, & la dignité royale, & la vie des émigrés, & peut-être celle de Louis XVI. que la rage de fes ennemis prefente déjà comme dirigeant de longue main cette marche indigne de lui? Et les Princes euffent-ils été auffi légers, qu'on fe plait à les reprefenter depuis deux ans, ils commandent le respect par la double perfécution qui les accable aujourd'hui, et l'admiration, par la dignité avec laquelle ils fupportent leur malheur,

Cependant il était queftion de reparer l'honneur des armes Pruffiennes, & de recommencer l'attaque

du

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