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soldar dans les marches, étoir de lix
piés, ou, ce qui est la même chose, de
quatre coudées ; & les rangs étoient
aussi à six piés l'un de l'autre. Quand
on menoit la Phalange contre lenne-
mi
pour l'attaquer, le soldat n'occu

trois piés, & les rangs se raprochoient à proportion. Enfin,quand il s'agissoit de recevoir seulement l'ennemi , & de lui résister, la Phalange se pressoit encore davantage , & chaque soldat n'occupoit qu'un pié & demi.

On voit aisément par lả l'espace différent qu'occupoit dans ces trois cas le front de la Phalange, en la comptant de seize mille hommes sur seize de profondeur, ce qui suppose qu'elle avoit mille hommes de front, Cet espace, dans le premier cas, étoit de six mille piés, ou de mille toises qui font dix ftades, c'eit-à-dire une demie lieue. Dans le second cas, cet

espace diminuoit de la moitié, & ne Cing flades. tenoit que cinq cens toises. Et dans

le troisième, il diminuoit encore d'une Deux ftades autre moitié, & ne tenoit que deux

cens cinquante toises.

Polybe examine la Phalange dans le cas où elle marche contre l'ennemi

& domi.

pour l'attaquer. Chaque soldat pour lors occupoit trois piés en largeur , & autant en profondeur. Nous avons vů que la pique dont il étoit armé avoit quatorze coudées de long. L'espace entre les deux mains, & ce qui débordoit de la pique au dela de la droite, en occupoit quarre. Par conséquent la pique s'avançoit de dix coudées au dela du corps de celui qui la portoit. Cela posé, la pique des soldats placés au cinquiéme rang, que j'appellerai les cinquiémes, & ainsi du reste, pasfoit le premier rang de deux coudées, celle des quatriémes de quatre, celle des troisiémes de fix, celle des seconds de huit ; enfin la pique des premiers s'avançoit de dix coudées vers l'ennemi.

On conjecture aisément combien la Phalange, cette grosse & lourde machine, hérissée de piques comme on vient de le voir , devoit avoir de force quand elle s'ébranloit toute ensemble pour attaquer l'ennemi piques baissées , & pour tomber sur lui de tout fon poids. Les soldats placés au dela du cinquiéme rang tenoient leurs piques élevées en haut, mais un peu inclinées sur les rangs qui les précé

doient, formant par là une espéce de toit, qui sans parler de leurs boucliers, les défendoit jusqu'à un certain point contre les traits qu'on leur lançoit de loin.

Les soldats placés dans tous les autres rangs qui suivoient le cinquiéme, ne pouvoient à la vérité combattre contre l'ennemi, ni l'atteindre de leurs piques : mais ils ne laissoient pas d'être d'un grand secours dans l'action à ceux qui les précédoient. Car les soutenant par derriére de tout le poids de leurs corps , & appuiant contre le dos, ils ajoutoient une force & une impétuosité extraordinaire à leur irruption contre l'ennemi ; ils leur donnoient une fermeté & une consistance immobile pour résister à l'atraque; & en même tems ils leur ôtoient tout moien & toute espérance de fuir en arriére: de sorte qu'il faloit nécessairement ou vaincre ou périr.

Aussi Polybe avoue que tant que la Phalange conservoit son état & ton arrangement de Phalange, c'est-àdire tant que les soldats & les rangs demeuroient serrés comme on l'a dit, il n'étoit pas possible, ni de foutenir fon effort, ni de l'enfoncer & de la

rompre. Et il le démontre d'une maniére sensible. Les soldats Romains dit-il , ( car c'est eux qu'il compare avec les Grecs dans l'endroit dont il s'agit ) occupent chacun dans une bataille trois piés. Et comme ils ont beaucoup de mouvement à faire , soit pour porter leurs boucliers à droite & à gauche en se défendant , soit, pour fraper d'estoc & de taille avec leurs épées, on ne peut laisser entr'eux moins d'intervalle que trois piés. Ainsi chaque foldat Romainoccupe six piés, c'est-à-dire le double d'espace d'un * Phalangite , & par conséquent en a seul en tête deux du premier rang, & par conséquent aussi dix piques à soutenir , felon ce qui a été dit ci-devant. Or un seul soldat ne peut ni briser dix piques, ni les en foncer.

C'est ce que Tite-Live marque bien Liv. libass. clairement en peu de mots, en décri- ". 17. vant comment dans le siége d'une ville, les Romains furent repoussés par les Macédoniens , qui avoient formé leurs rangs à la manière de la * On a remarqué aupara- | la moitié moins quand il Dant que le Phalangite'n'oc. Patrend. Dans ce dernier cas eupe que trois piés quand il un seul soldat Romain

avoit aerche contre l'ennemi, & vingi piques à fouceniro

By

Phalange. - Le Conful, dit-il, fit marcher ses cohortes, pour enfoncer , s'il le pouvoit , la Phalange des Macédoniens. Quand ceux-ci , serrés l'un contre l'autre, eurent avancé devant eux leurs longues piques, les Romains aiant inutilement lancé leurs javelots contre les Macé. doniens, que leurs boucliers extrêmement pressés couvroient comme un toit & comme une tortue , les Ro. mains, dis-je , tirérent leurs épées. Mais ils ne pouvoient ni en venir de près aux mains, ni couper ou brisei les piques des ennemis : & s'ils venoient à bout d'en couper ou d'en briser quelqu'une , le bois rompu de la pique tenoit lieu de pointe; & cette haie de piques, dont le front de la Phalange étoit armé & hérissé, fubfi

ftoit toujours, Plut. in Paul Émile avoua que dans la baPaulo Emil. taille contre Persée dernier roi de pag. 258.

a Cohortes invicem sub | Romani pilis nequicquam signis,quæ cuneum Mace- emislis , cùm ftrinxiffent donum, (Phalangem ipfi gladios ; neque congredi vocant) li poffent, vi per- propiùs , neque præcidere rumperenr, emittebat. .. haftas poterant;&,liquam Ubi conferti hastas ingen- incidiffent aut præfregirtis longitudinis præ se Ma- fent, hastile fragmento ipcedones objecissent, velut lo acuto, inter spicula inin constructam densitate tegrarum haftarum , velut clypeorum testicudinem, I vallum explebat,

ر

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