uvres compltes de Rollin, 6

F. Didot, 1821

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372 - L'ide de libert, qu'une telle conduite inspirait, tait admirable. Car la libert que se figuraient les Grecs tait une libert soumise la loi, c'est--dire la raison mme reconnue par tout le peuple.
377 - Babylone avec un clat qui surpassait tout ce que l'univers avait jamais vu ; et aprs avoir veng la Grce, aprs avoir subjugu avec une promptitude incroyable toutes les terres de la domination persienne, pour assurer de tous cts son nouvel empire, ou plutt pour contenter son ambition, et rendre son nom plus fameux que celui de Bacchus, il entra dans les Indes, o il poussa ses conqutes plus loin que ce clbre vainqueur.
377 - Perse, attaque par un tel hros et par de telles armes, ne pouvait plus viter de changer de matre. Ainsi vous dcouvrirez en mme temps ce qui a ruin l'empire des Perses, et ce qui a lev celui d'Alexandre. Pour lui faciliter la victoire, il arriva que la Perse perdit le seul gnral qu'elle pt opposer aux Grecs ; c'tait Memnon, rhodien.
378 - ... l'ge de trente-trois ans, au milieu des plus vastes desseins qu'un homme et jamais conus, et avec les, plus justes esprances d'un heureux succs, il mourut sans avoir eu le loisir...
376 - ... prfrer tous les prils, tous les travaux, et mille morts, le moindre degr de gloire; enfin, avec cette confiance qui lui faisait sentir au fond de son cur que tout lui devait cder comme un homme que sa destine rendait suprieur aux autres, confiance qu'il inspirait...
374 - Comme la crainte les tenait unis, la victoire et la confiance rompit l'union. Accoutums combattre et vaincre, quand ils crurent n'avoir plus craindre la puissance des Perses, ils se tournrent les uns contre les autres. Mais il faut expliquer un peu davantage cet tat des Grecs et ce secret de la politique persienne.
373 - Les potes mmes, qui taient dans les mains de tout le peuple, les instruisaient plus encore qu'ils ne les divertissaient. Le plus renomm des conqurants regardait Homre comme un matre qui lui apprenait bien rgner. Ce grand pote n'apprenait pas moins bien obir, et tre bon citoyen. Lui et tant d'autres potes, dont les ouvrages ne sont pas moins graves qu'ils sont agrables, ne clbrent que les arts utiles la vie humaine, ne respirent que le bien public, la patrie,...
373 - ... socit, et cette admirable civilit que nous avons explique. Quand la Grce ainsi leve regardait les Asiatiques avec leur dlicatesse, avec leur parure et leur beaut semblable celle des femmes, elle n'avait que du mpris pour eux. Mais leur forme de gouvernement, qui n'avait pour rgle que la volont du prince , matresse de toutes les lois et mme des plus sacres, lui inspirait de l'horreur, et l'objet le plus odieux qu'eut...
374 - Grce; de sorte qu'elles toient toujours ennemies, plus encore par la contrarit de leurs intrts, que par l'incompatibilit de leurs humeurs. Les villes grecques ne vouloient la domination ni de l'une ni de l'autre : car, outre que chacun souhaitoit pouvoir conserver sa libert, elles trouvoient l'empire de ces deux rpubliques trop fcheux.
90 - Les marchands y abordent de toutes les parties du monde, et ses habitants sont eux-mmes les plus fameux marchands qu'il y ait dans l'univers. Quand on entre dans cette ville, on croit d'abord que ce n'est point une ville qui appartienne un peuple particulier, mais qu'elle est la ville commune de tous les peuples et le centre de leur commerce.