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PAR M. MARMONTEL,

De l'Académie Françoise.

Non miror, si quando impétum capit
(Deus) Spectandi magnos viros colluttan.
tes ćuin aliquâ calamitate.

Senec. De Provid.

AMSTERDAM

UX DEPENS DE LA COMPAGNI.

M. DCC. LXVI I.

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Je sçais

Escais , & je ne dois pas dissimuler qu'on peut regarder le fait sur lequel est établi le plan de ce petit Ouvrage, plutôt comme une opinion populaire, que comme une vérité historique Mais cette opi. nion a si bien prévalu, & 1 idée de Bélilaile aveugle & mendiant est devenue & familiere, qu'on ne peut guere penser à lui, sans le voir comme je l'ai peint.

Sur tout le reste, à peu de chose près, j'ai suivi fidélement l'histoire, & Procope a été mon guide. Mais je n'ai eu aucun égard à ce libelle calomnieux, qui lui est attribué, Tous le titre d'Anecdotes, ou d'Histoire secrete. Il est pour moi de toute évidence que cet amas informe d'injures grossieres & de faussetés palpables, n'est point de lui, mais de quelque Déclama teur aussi mal adroit que méchant (a).

Aucun des Ecrivains du tems de Procope, aucun de ceux qui l'ont suivi, dans l'intervalle de cinq cens ans, n'a parlé de ces Anecdotes. Agathias, contemporain de

(a) On a soupçonné qu'il étoit d'un Avocat de Cérarée. Mém. de l'Acad. des Inscrip. & Belles Lutr, T. 21.

Procope, en faisant l'énumération de ses Ouvrages, ne dit pas un mot de celui ci.. On le tenoit caché, me dira-t-on; Mais du moins, trois cens ans après, il auroit dû être public:le favant Photius auroit da le connoître ; & il ne le connoisloit

pas. Suidas, Ecrivain du 'onzieme siecle, est lę, premier qui ait attribué à Procope cette latyre méprisable;, & le plus grand nombre des Savans ont répété sans discussion ce qu'en avoit dit Suidas (a). Quelquesuns cependant ont douté que ce Livre fût de Procope (b); il y en a même qui l'ont. nié; & de ce nombre est Eichelius, dans . la Préface & les feinarques de l'édition qu'il en a donnée. Il commence par fai. re voir qu'il n'est ni vrai, ni vraisemblable que Procope en soit l'Auteur; & en supposant qu'il le fût, il ajoute que dans une déclamation fi outrée, si impudente & fi absurde, il seroit indigne de foi

. Ce qui me confond, c'est que l'illustre Auteur de l'esprit des Loix ait donné quelque croyance à un Libelle si manifestement supposé. Je sçais de quel poids elt son autorité; mais elle cede l'évidence.

(a) Voffius, Grotius, &c. (b) Le Pere Combefils , la Mothe-le. Va.,

yer, fc.

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